Los Angeles (États-Unis) (AFP) – John Malkovich explore les profondeurs de l'amitié dans "Wild Horse Nine", comédie noire pour laquelle l'acteur campe un espion capable de tout demander à son acolyte, y compris de le tuer, extrémité qu'il ne saurait envisager dans la vraie vie.

Publié le : 07/11/2026 - 06:22

"Wild Horse Nine", réalisé par le Britanno-irlandais Martin McDonagh et sorti en salles en France début novembre, suit deux agents de la CIA, Chris (Malkovich) et Lee (Sam Rockwell), envoyés sur l'île de Pâques dans les dernières heures précédant le coup d'État de 1973 au Chili.

"Ils entretiennent une grande amitié (...) ils se disputent à propos de choses étranges, par exemple s'il faut tuer des gens pendant qu'ils mangent, ou à quel point le fromage est gay dans différents pays", a raconté Malkovich lors d'une conférence de presse à Los Angeles.

Chris, qui sait que ses jours sont comptés, va jusqu'à demander à son acolyte de mettre fin à ses jours. Pour John Malkovich, c'est une ligne rouge dans la vie réelle, même avec les plus vieux et proches amis.

"Je pense que demander à un ami de t'ôter la vie, c'est trop demander. Je ne le ferais pas", affirme l'acteur.

Mais "je pourrais dire à un inconnu dans la rue : +Ecoute, si tu n'es pas occupé, voilà mon pistolet, tire-moi dessus+ (...) Et je suis sûr que je trouverais des volontaires", s'amuse-t-il.

"Narration de haut niveau"

Tournée dans les paysages somptueux et volcaniques de l'île de Pâques, la comédie noire, acclamée lors de sa projection à la Mostra de Venise, a valu à John Malkovich de décrocher la Coupe Volpi du meilleur acteur.

Une première distinction prestigieuse dans une carrière déjà riche pour l'acteur qui lui ouvre les portes des Oscars où il figure parmi les favoris. Il a déjà été nommé deux fois pour les récompenses américaines sans jamais l'emporter.

À Los Angeles, le septuagénaire en a profité pour louer le travail de Martin McDonagh, dont le précédent film, "Les Banshees d'Inisherin", a été nommé neuf fois aux Oscars en 2023.

"Il excelle dans l'écriture de dialogues sur les hommes, et leurs différentes difficultés", s'enthousiasme-t-il. "C'est de la narration de haut niveau".

Steve Buscemi, qui interprète le chef de la CIA en Amérique latine, voit cette amitié entre deux hommes blasés comme l'élément central du film, plutôt que l'intrigue.

"L'histoire, c'est vraiment les relations (entre les deux protagonistes) et ce que les personnages doivent faire, ce qu'ils demandent l'un à l'autre, comment ils interagissent", dit-il.

© 2026 AFP

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