L'Ukrainien Vladislav Heraskevych, qui voulait porter un casque à l'effigie de plusieurs coéquipiers tués lors du conflit avec la Russie, a été disqualifié jeudi des épreuves de skeleton des JO 2026 de Milan Cortina. Accusant le CIO de faire "faire le jeu des agresseurs", il a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour obtenir sa réintégration.
Publié le : 12/02/2026 - 10:54Modifié le : 13/02/2026 - 10:50
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L'affaire du "casque mémoriel" na pas fini de faire des remous aux Jeux olympiques (JO) 2026 de Milan-Cortina. L'Ukrainien Vladislav Heraskevych a été disqualifié, jeudi 12 février, des épreuves de skeleton, a indiqué son comité olympique. L'athlète comptait porter un casque rendant hommage à plusieurs coéquipiers morts lors du conflit avec la Russie.
Il a finalement saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour obtenir sa réintégration dans la compétition, a annoncé jeudi soir le TAS dans un communiqué.
"La requête conteste la décision du jury de la IBSF (la fédération internationale de skeleton, NDLR) affirmant que M. Heraskevych avait l'intention de porter en compétition un casque affichant des portraits d'athlètes ukrainiens ayant perdu la vie dans la guerre, ce qui a été considéré comme incompatible avec la Charte olympique", a indiqué le TAS.
Son recours devant la chambre ad hoc du TAS, instituée à chaque édition des Jeux pour trancher les litiges olympiques, sera examiné vendredi, avec une décision "en principe" dans la journée, a précisé la juridiction sportive à l'Agence France-Presse (AFP).
Sur le fond, le spécialiste du skeleton, quatrième des Mondiaux l'an dernier et qui représentait pour l'Ukraine une réelle chance de médaille, demande l'annulation de sa disqualification, selon le TAS.
"Je crois toujours que je n'ai enfreint aucune règle"
"Je crois toujours que je n'ai enfreint aucune règle", s'était défendu dans la journée l'Ukrainien Vladislav Heraskevych devant des journalistes, en marge des épreuves de skeleton.
"Des athlètes presque dans le même cas ont été traités différemment et n'ont pas été sanctionnés. Par exemple, lors des épreuves de snowboard, un athlète a arboré un drapeau russe. Selon la réglementation du CIO (le Comité international olympique, NDLR), le drapeau russe est interdit, mais cet athlète n'a pas été sanctionné", a-t-il poursuivi.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a, lui, dénoncé un "moment de honte" pour le CIO.
Dans un communiqué, le CIO, qui avait proposé mardi à Vladislav Heraskevych de porter un brassard noir à la place de ce casque, a confirmé qu'il n'avait pas été autorisé à prendre part aux épreuves "pour avoir refusé d'accepter les règles du CIO en matière d'expression des athlètes".
Un casque "pas conforme à la réglementation"
"Ce (jeudi) matin, à son arrivée sur le site de compétition, M. Heraskevych a rencontré la présidente du CIO Kirsty Coventry, qui lui a expliqué une dernière fois, la position du CIO. Comme lors des réunions précédentes, il a refusé de changer de position", a argué l'instance olympique dans son long texte explicatif.
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Dans ces conditions, "la décision a été prise par le jury de la Fédération internationale (IBSF), en se basant sur le fait que le casque qu'il entendait porter n'était pas conforme à la réglementation", poursuit le communiqué.
"Le CIO a décidé en conséquence, avec regret, de lui retirer son accréditation pour les JO 2026. Malgré de nombreux échanges et discussions en personne avec M. Heraskevych (...), il n'a pas voulu faire de compromis", a ajouté le CIO.
Après sa discussion avec Heraskevych, la patronne du sport mondial a quitté en larmes la piste de bobsleigh. "En Ukraine en ce moment, il y a aussi beaucoup de larmes (...) Je veux la remercier pour ces mots gentils mais comme je lui ai dit, cette situation va dans le sens de la propagande russe, et ce n'est pas bien", a déclaré Heraskevych.
Le CIO a décidé de lui retirer son accréditation pour les JO 2026, car selon l'instance olympique, l'Ukrainien enfreint l'article 50 de sa Charte olympique qui proscrit toute forme "de propagande politique, religieuse ou raciale" sur les lieux de compétition.
Un sportif soutenu par le président Zelensky
"Je ne voulais pas créer ce scandale et il y a ce scandale parce que certaines personnes au sein du CIO ont une très étrange interprétation de leurs règles, ce qu'on peut considérer comme une forme de discrimination", a-t-il ajouté.
S'il assure avoir reçu le soutien de plusieurs athlètes et équipes nationales, l'Ukrainien a regretté qu'"en raison des actions du CIO, le moment olympique de beaucoup d'athlètes ait été volé : on parle plus de ce scandale que des épreuves, c'est une erreur terrible de la part du CIO".
Vladislav Heraskevych envisage maintenant de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) : "C'est l'une des options, c'est quelque chose de sérieux de saisir le TAS, il faut qu'on en discute encore".
Il avait pris part lundi aux entraînements avec sur la tête un casque gris portant les images sérigraphiées de plusieurs de ses compatriotes morts à la guerre. Une initiative alors saluée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
"Son casque arbore les portraits de nos athlètes qui ont été tués par la Russie. Le patineur artistique Dmytro Sharpar, tué au combat près de Bakhmout; Yevhen Malyshev, un biathlète de 19 ans tué par les occupants près de Kharkiv; et d'autres athlètes ukrainiens dont la vie a été emportée par la guerre menée par la Russie", avait souligné le président sur le réseau X.
Un discours qu'il a réitéré jeudi, déclarant dans une publication sur X que "le mouvement olympique doit contribuer à mettre fin aux guerres, non pas faire le jeu des agresseurs", parlant ici de la Russie. "Malheureusement, la décision du Comité international olympique de disqualifier le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych dit le contraire", a-t-il précisé.
Avec AFP
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