Le vice-président américain, JD Vance, s'est rendu en Arménie, lundi, afin d'y consolider un accord de paix signé en août, sous l'égide de Washington, avec l'Azerbaïdjan et susceptible de transformer les routes commerciales dans le stratégique Caucase du Sud.

Publié le : 09/02/2026 - 18:11Modifié le : 09/02/2026 - 18:41

Le vice-président américain, JD Vance, est arrivé, lundi 9 février, en Arménie avant une visite mardi en Azerbaïdjan, Washington cherchant à consolider l'accord de paix signé sous son égide entre ces deux pays du Caucase du Sud.

Il s'agit de la première visite d'un tel haut responsable américain en Arménie, pays traditionnellement proche de la Russie, alors que l'influence de Moscou dans la région s'est affaiblie depuis le début du conflit en Ukraine en février 2022.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en août un accord à Washington sous l'égide de Donald Trump pour mettre fin au conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

Ce conflit concernait notamment le Haut-Karabakh, une enclave montagneuse qui a été au centre de deux guerres, l'une à la chute de l'URSS et l'autre en 2020. L'Azerbaïdjan l'a finalement repris entièrement à des séparatistes arméniens à l'issue d'une offensive éclair en 2023.

Lundi, JD Vance s'est entretenu avec le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avant de se rendre mardi à Bakou, la capitale azerbaïdjanaise.

Il a annoncé la vente de technologies de drones américaines à l'Arménie pour un montant de 11 millions de dollars.

"Nous ne nous contentons pas d'œuvrer pour la paix en Arménie. Nous créons également une véritable prospérité pour l'Arménie et les États-Unis", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec Nikol Pachinian.

La "route Trump"

Nikol Pachinian a qualifié cette visite de "réellement historique" et exprimé son "grand espoir" que Donald Trump reçoive le prix Nobel de la paix pour sa médiation dans le processus de paix arméno-azerbaïdjanais.

Les deux dirigeants ont également signé un accord de coopération nucléaire civile.

Le département d'État américain a précédemment indiqué que cette visite permettrait de "promouvoir la Voie Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP)", en référence à un projet de corridor de transit.

Car l'accord signé en août à Washington entre Erevan et Bakou prévoit la création d'une zone de transit passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan plus à l'ouest, qui intégrerait la région dans une route commerciale est-ouest connectant l'Asie centrale et le bassin de la mer Caspienne à l'Europe.

Le projet est promu par Washington comme une mesure visant à entretenir des relations de confiance après des décennies de conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Ce corridor répond à une revendication de longue date de Bakou, qui réclame l'ouverture des voies de communication régionales comme condition à la signature d'un accord de paix complet avec Erevan.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, et le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoïan, avaient annoncé en janvier "un cadre de mise œuvre" pour le projet TRIPP.

Contourner la Russie et l'Iran

Ce document met en avant la souveraineté, l'intégrité territoriale et la réciprocité, tout en promettant des gains économiques pour l'Arménie et l'Azerbaïdjan via une expansion du commerce et du transit.

Les autorités américaines ont aussi affirmé que le corridor renforcerait les connexions régionales ainsi que les intérêts américains en ouvrant de nouvelles voies d'approvisionnement qui contournent la Russie et l'Iran.

La visite du vice-président américain intervient alors que Washington cherche à renforcer sa présence diplomatique et économique dans le Caucase du Sud.

Une vingtaine de groupes arméniens de défense des droits humains a exhorté JD Vance, dans une lettre ouverte, à réclamer la libération d'Arméniens détenus dans des prisons de Bakou. Des réfugiés du Haut-Karabakh ont parallèlement prévu un rassemblement à Erevan lundi soir pour le même motif.

À voir aussiHaut-Karabakh : des années de conflit émaillées de crimes de guerre présumés

La semaine dernière, un tribunal militaire à Bakou a condamné à des peines allant jusqu'à la prison à perpétuité des séparatistes arméniens du Haut-Karabakh, reconnus coupables notamment d'avoir mené une "guerre d'agression".

L'influence de la Russie dans son pré-carré post-soviétique s'est affaiblie depuis l'offensive à grande échelle de l'Ukraine le 24 février 2022, qui a provoqué le malaise chez de nombreux partenaires de longue date.

L'Arménie a suspendu sa participation à un pacte de sécurité régional et reproche à la Russie de ne pas lui être venue en aide face à Bakou.

Avec AFP

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