Arrêtés par Israël au large de la Grèce, deux militants de la "Flottille pour Gaza" ont été présentés dimanche devant la justice israélienne qui a prolongé leur détention de deux jours. Ils ont été informés qu'ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens pour soupçons d'"affiliation à une organisation terroriste".
Publié le : 03/05/2026 - 11:17Modifié le : 03/05/2026 - 23:01
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Deux militants de la "Flottille pour Gaza", de nationalité espagnole et brésilienne, arrêtés par Israël au large de la Grèce, ont comparu, dimanche 3 mai, devant un tribunal israélien qui a prolongé leur détention de deux jours, selon une ONG israélienne.
L'Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila ont été présentés dans la matinée au tribunal d'Ashkelon, ville côtière où ils sont détenus. Selon un photographe de l'AFP, l'Espagnol est arrivé dans la salle d'audience les pieds entravés par des chaînes et le Brésilien les mains menottées dans le dos.
L'État avait "demandé de prolonger leur détention de quatre jours", selon Miriam Azem, de l'ONG de défense des droits humains israélienne Adalah.
Les avocats de l'ONG avaient auparavant pu voir les deux militants dans leur prison de Shikma. D'après Azem Adalah, ils ont décrit une arrestation d'une "extrême brutalité", et ont été informés qu'ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens pour soupçons d'"affiliation à une organisation terroriste".
Thiago Avila a déclaré aux avocats avoir été "traîné face contre terre et battu si violemment qu'il a perdu connaissance à deux reprises". Il a ajouté que, depuis son arrivée en Israël, il avait été "maintenu à l'isolement, avec les yeux bandés", selon Miriam Azem.
Des affirmations rejetées par le ministère israélien des Affaires étrangères : "contrairement aux allégations fausses et infondées préparées à l'avance, Saif Abu Keshek et Thiago Ávila n'ont à aucun moment été soumis à la torture", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Oren Marmorstein.
Selon ce ministère, Saif Abu Keshek est "l'un des dirigeants" de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l'étranger (PCPA), association caritative accusée par les États-Unis et Israël d'être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza.
Quant à Thiago Avila, il "travaille avec PCPA et est soupçonné d'activités illégales", selon le ministère.
Pendant l'audience, leur avocate a plaidé qu'"ils faisaient partie d'une mission humanitaire visant à apporter une aide aux civils de Gaza, et non à une quelconque autre organisation, qu'elle soit terroriste ou non".
"Nous rejetons toutes les accusations qui ont été présentées (...) et demandons la libération immédiate de ces deux hommes", a ajouté Hadeel Abou Salih, à la sortie du tribunal.
Une arrestation " illégale" et "inacceptable" pour l'Espagne
Le Brésil et l'Espagne ont dénoncé leur arrestation, et la diplomatie espagnole a démenti tout lien entre son ressortissant et le Hamas.
Israël "n'a apporté aucun élément de preuve pour appuyer cette accusation", a déclaré samedi le chef de la diplomatie espagnol José Manuel Albares, et même si c'était le cas, "il existe des voies judiciaires en démocratie, en État de droit", pour les relayer.
Il a qualifié de "complètement illégale" et "inacceptable" l'arrestation du ressortissant espagnol dans les eaux internationales, "en dehors de toute juridiction".
Dimanche, le ministère espagnol des Affaires étrangères a de nouveau exigé la "libération immédiate" de son ressortissant, dans un message transmis à l'AFP, précisant que le consul d'Espagne à Tel-Aviv avait accompagné "l'Espagnol détenu illégalement" à l'audience.
Quelques 175 militants de nombreuses nationalités ont été arrêtés jeudi, sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant, selon ses organisateurs, à briser le blocus israélien de la bande de Gaza, où l'accès à l'aide humanitaire reste fortement restreint.
L'arrestation, "menée pacifiquement" selon Israël, a eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que les précédentes interceptions de flottilles. Plusieurs pays ont dénoncé une opération "illégale".
Israël a relâché tous les militants en Grèce après un accord avec ses autorités, sauf Thiago Avila et Saif Abu Keshek.
Il s'agit de la deuxième tentative de la Flottille mondiale Sumud ("résilience" en arabe) d'accéder à la bande de Gaza. En 2025, à son premier voyage, plusieurs centaines de militants, dont la Suédoise Greta Thunberg et l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés.
Avec AFP
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