Les États-Unis et Israël ont lancé, samedi, une campagne de frappes contre l'Iran, visant des dizaines de sites, notamment à Téhéran, Ispahan et Tabriz. Même le quartier abritant la résidence du guide suprême Ali Khamenei a été ciblée. La République islamique a répliqué en lançant des missiles vers des bases américaines situées en Irak, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, et aux Émirats. Voici ce que l’on sait.
Publié le : 28/02/2026 - 12:30Modifié le : 28/02/2026 - 22:36
Les États-Unis et Israël ont lancé, samedi 28 février, une campagne de frappes sur l'Iran, tandis que Donald Trump a appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir. La République islamique a riposté par des tirs de missiles et de drones visant notamment Jérusalem et des bases américaines dans le Golfe.
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Le déroulé des faits
Les armées israélienne et américaine ont lancé, samedi 28 février au matin, une série de frappes contre l’Iran, bombardant de nombreux sites iraniens, notamment à Téhéran et Ispahan.
De fait, deux fortes détonations ont été entendues samedi matin à Téhéran par des journalistes de l’AFP et deux panaches d’une épaisse fumée ont commencé à s’élever dans le centre et l’est de la capitale iranienne. La télévision d’État iranienne a confirmé ce qu’elle a décrit comme une "agression aérienne du régime sioniste".
"L’État d’Israël a lancé une frappe préventive contre l’Iran afin d’éliminer les menaces pesant sur l’État d’Israël", a rapidement annoncé un communiqué du ministère de la Défense.
"Une importante opération militaire a débuté contre l'Iran", a déclaré Donald Trump, dans un message vidéo diffusé sur sa plateforme Truth social, peu après l'annonce israélienne. Une opération baptisée "Fureur épique".
"Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes que représente le régime iranien, un groupe vicieux de personnes très dures et terribles", a-t-il précisé.
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Il a promis de "détruire" les capacités de missiles de l’Iran et de "réduire à néant" sa marine. Alors qu’il s'était gardé de parler ouvertement de changement de régime, il a également déclaré au peuple iranien : "L’heure de votre liberté est à portée de main."
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"Citoyens d’Israël, il y a peu de temps, Israël et les États-Unis ont lancé une opération visant à éliminer la menace existentielle que représente le régime terroriste iranien", a déclaré, de son côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu.
"Depuis quarante-sept ans, le régime des ayatollahs crie 'Mort à Israël', 'Mort à l’Amérique'. Il a versé notre sang, assassiné de nombreux Américains et massacré son propre peuple. Nous ne devons pas permettre à ce régime terroriste meurtrier de se doter d’armes nucléaires qui lui permettraient de menacer l’humanité entière", a-t-il ajouté.
Les sites iraniens ciblés
Selon l'agence de presse Isna, le quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême iranien Ali Khamenei et la présidence, situé dans le centre de Téhéran, a été visé.
Ali Khamenei ne se trouverait toutefois pas à Téhéran et aurait été transféré dans un lieu sûr, selon une source jointe par Reuters.
"Le président Massoud Pezeshkian est sain et sauf et il n'a aucun problème", écrit l'agence Irna. Cette information est reprise par les agences Mehr et Isna.
Selon un responsable iranien, plusieurs ministères ont été visés. Des explosions ont été signalées dans d'autres villes, notamment Tabriz, Ispahan, la ville sainte de Qom ou encore la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve une centrale nucléaire civile. Karaj, située à l'ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest de l'Iran), ont également été ciblées, a rapporté l'agence de presse Fars.
"Le type d'explosions suggère qu'il s'agit d'une attaque de missiles", a-t-elle indiqué, sans plus de précisions.
Au moins 51 personnes auraient été tuées lors d'une frappe contre une école de filles dans le sud de l'Iran, a rapporté la télévision d'État en citant un responsable local.
De son côté, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé "des centaines de cibles militaires iraniennes, y compris des lanceurs de missiles". Dans la journée, une source de sécurité israélienne a indiqué à l'AFP que les frappes continueront "aussi longtemps que nécessaire".
La riposte iranienne
"Une attaque de missiles et de drones contre l’État d’Israël et sa population civile est attendue dans un avenir immédiat", a prévenu le ministère israélien de la Défense, qui a annoncé l’instauration d’un "état d’urgence spécial et immédiat dans tout le pays".
Peu après, l'armée israélienne et l'agence de presse iranienne Tasnim ont indiqué que l'Iran avait riposté en tirant plusieurs salves de missiles et de drones en direction d'Israël.
Des sirènes d’alerte ont été entendues à Jérusalem. La ville a fermé ses écoles et bureaux jusqu’à lundi soir.
Un blessé a été pris en charge dans le nord d'Israël, a annoncé de son côté le Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Coix-Rouge.
Dans le Golfe, un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine à Bahreïn a été touché par une "attaque de missile", ont annoncé samedi les autorités du pays dans un communiqué.
"Le centre de service de la cinquième flotte a été victime d'une attaque de missile. Nous vous fournirons plus de détails ultérieurement", a déclaré le Centre national de communication de Bahreïn.
De leur côté, les autorités du Qatar – qui abrite la base militaire d'Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région –, des Émirats arabes unis et du Koweït – qui hébergent aussi des bases militaires américaines – ont annoncé avoir intercepté tous les missiles qui visaient leur territoire.
Le ministère qatari de la Défense a annoncé dans un communiqué avoir "repoussé un certain nombre d'attaques".
Des habitants d’Abu Dhabi ont indiqué à l’AFP avoir entendu de fortes explosions dans la capitale émiratie, qui abrite une base accueillant du personnel américain. Plus tôt, les Émirats arabes unis ont annoncé avoir fermé leur espace aérien "temporairement et partiellement" à titre de mesure de précaution exceptionnelle.
À Dubaï, un missile est tombé près du port. Une habitante a confirmé à France 24 avoir entendu une explosion.
Le Bahreïn a déclaré qu'il évacuait des habitants d'un quartier abritant le siège de la Cinquième flotte de la marine américaine, qui avait été visé plus tôt samedi par des missiles iraniens.
Alors que de fortes explosions ont été entendues à Riyad, la capitale d’Arabie saoudite, le royaume a condamné les attaques iraniennes visant ses voisins.
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"Le royaume condamne fermement et dénonce avec la plus grande vigueur l'agression brutale de l'Iran et la violation flagrante de la souveraineté des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie", précise le communiqué. Cependant, le texte ne mentionne pas de tirs iraniens visant l'Arabie saoudite.
En Jordanie, les forces armées ont annoncé avoir abattu deux missiles balistiques visant le territoire du royaume.
"Ils ont été interceptés avec succès par les systèmes de défense aérienne jordaniens", a précisé le responsable de l'armée.
Les autorités jordaniennes ont précisé dans un communiqué que "les services de protection civile et les forces de police avaient répondu à 12 signalements de chutes d'objets et de débris" dans plusieurs provinces de la capitale Amman "entre ce matin et 14 heures (locales, NDLR), sans faire de victimes mais seulement des dégâts matériels.
Israël annonce la mort du guide suprême Ali Khamenei
Le corps de l'ayatollah Ali Khamenei, 89 ans, a été retrouvé, a déclaré à Reuters un haut responsable israélien.
L'Iran n'a pas confirmé dans l'immédiat la mort du guide suprême iranien, tandis que des agences de presse iraniennes nient la mort d'Ali Khamenei, indiquant qu'il était fermement à la tête de l'État.
Selon l'agence Tasnim, sept missiles se sont abattus aux abords du palais présidentiel et de la résidence du guide suprême.
À l'occasion d'une conférence de presse donnée dans la soirée, Benjamin Netanyahu a confirmé que l'armée israélienne avait détruit la résidence du guide suprême, avançant que plusieurs signes indiquaient qu'Ali Khamenei serait décédé, sans confirmer explicitement sa mort. "De nombreux signes indiquent que ce tyran n'est plus." "Dans les prochains jours, nous frapperons des milliers d'autres cibles du régime terroriste", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre israélien a également annoncé que des commandants des Gardiens de la révolution et des hauts responsables du programme nucléaire iranien ont été tués.
Trois sources ayant connaissance du dossier ont rapporté la mort du ministre iranien de la Défense, Amir Nasirzadeh, ainsi que celle du commandant des Gardiens de la révolution, Mohammed Pakpour, dans les frappes israéliennes.
Des médias iraniens ont également annoncé la mort du gendre et de la belle-fille d'Ali Khamenei. Donald Trump comme Benjamin Netanyahu ont enjoint les Iraniens à profiter de la situation pour renverser le régime iranien une fois les opérations militaires terminées.
Avec AFP, Reuters et AP
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