Le centriste Gadi Eisenkot, adversaire de Benjamin Netanyahu, fait état vendredi de "progrès importants" dans les discussions pour former le prochain gouvernement israélien après les élections législatives. La veille, il avait annoncé avoir obtenu le soutien notoire de la principale liste arabe.
Publié le : 06/11/2026 - 17:47
L'opposition israélienne semble de mieux en mieux placée pour gouverner. Gadi Eisenkot, principal rival de Benjamin Netanyahu, a fait état vendredi 6 novembre de "progrès importants" dans les tractations en vue de parvenir à une majorité après les élections.
Le centriste espère obtenir une majorité autour de son bloc afin d'être chargé par le président de former le prochain gouvernement après les élections législatives très serrées du 27 octobre 2026.
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Plusieurs options ont été évoquées publiquement ou par les médias israéliens, notamment un accord avec les formations arabes, une alliance avec les ultra-orthodoxes, ou encore un gouvernement d'union nationale avec le parti de M. Netanyahu, mais sans ce dernier.
Le président israélien Isaac Herzog, qui reçoit cette semaine les différentes forces politiques, doit annoncer dimanche 8 novembre qui sera en charge de former un gouvernement. Il s'agit généralement du candidat ayant obtenu le plus grand nombre de recommandations par les différents partis.
"De nombreuses rencontres ont eu lieu, certaines rendues publiques, d'autres non. Certaines se sont tenues il y a quelques heures à peine", a détaillé Gadi Eisenkot dans un long message publié sur X.
Alors que Premier ministre Benjamin Netanyahu a perdu un allié ultra-orthodoxe clé, la principale liste arabe israélienne a annoncé jeudi 5 novembre soutenir le centriste Gadi Eisenkot.
Quelles alliances pour le futur gouvernement ?
Gadi Eisenkot n'a pas détaillé les progrès dont il fait état, mais ses déclarations interviennent quelques heures après que l'un des piliers de son bloc, le nationaliste Avigdor Liberman, s'est dit ouvert à une alliance avec les partis ultra-orthodoxes, une option qu'il rejetait jusque-là.
Avigdor Liberman, chef du parti Israël Beitenou, s'est dit désormais prêt à faire des "compromis" sur sa promesse d'imposer le service militaire aux étudiants religieux, une mesure rejetée par les formations ultra-orthodoxes.
Lors du scrutin du 27 octobre 2026, le camp de Benjamin Netanyahu a obtenu 53 sièges, suivi de près par le bloc de Gadi Eisenkot, qui en a obtenu 48. Au moins 61 députés sont nécessaires pour contrôler la Knesset, le Parlement israélien.
Mais avec la perte de l'appui de la formation ultra-orthodoxe du parti du Judaïsme unifié de la Torah (JUT), le nombre de députés du camp de Netanyahu tombe à 46.
À l'inverse, l'opposition pourrait constituer une majorité confortable de 67 sièges avec le soutien des deux principales formations arabes, la Liste unifiée et Raam, qui ont proposé d'ajouter leurs 19 députés au can de Eisenkot.
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Mais si le camp anti-Netanyahu part favori sur le papier, plusieurs de ses dirigeants sont opposés à toute alliance avec les partis arabes. Avigdor Liberman, dont le parti est le plus petit membre du bloc d'opposition avec sept sièges, a réaffirmé vendredi 6 novembre qu'il refusait "fermement" tout pacte avec les partis arabes, même dans le cadre d'un gouvernement minoritaire que ces derniers soutiendraient indirectement à la Knesset.
Dans un contexte de divisions sociales aggravées depuis le 7-Octobre, ses électeurs de droite auraient du mal à accepter une telle alliance avec les partis qui représentent les Arabes israéliens, aussi appelés Palestiniens d'Israël, qui représentent 20 % de la population.
Les deux partis ultra-orthodoxes, Shass (séfarade) et Judaïsme unifié de la Torah (ashkénaze), apparaissent comme les nouveaux partenaires à conquérir. Ils disposent ensemble de 13 sièges, ce qui permettrait à l'opposition d'obtenir une courte majorité au Parlement. Ces formations étaient alliées à la coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahu, mais lui reprochent désormais d'avoir échoué à graver dans la loi l'exemption de service militaire pour les étudiants en religion.
La question de la dispense du service militaire pour les ultra-orthodoxes alimente un profond ressentiment dans le reste de la population. Dans les faits, les hommes ultra-orthodoxes sont nombreux à ignorer la convocation de l'armée lorsqu'ils la reçoivent, une situation globalement tolérée sous le précédent gouvernement, mais plusieurs arrestations ont suscité la colère des partis religieux.
Prudent, Gadi Eisenkot n'a pas confirmé vendredi la piste d'une alliance avec les ultra-orthodoxes, ni écarté l'hypothèse d'une coopération avec les partis arabes.
Avec AFP
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