Jusqu'ici, le président Isaac Herzog s'est plutôt illustré par sa discrétion que par sa capacité à prendre des décisions. Pourtant, c'est sur lui que repose la lourde tâche de choisir qui de Benjamin Netanyahu ou Gadi Eisenkot sera chargé de former la future coalition gouvernementale. Des discussions en ce sens auront débutent mercredi.
Publié le : 04/11/2026 - 08:32
Le président israélien, habituellement cantonné à des fonctions honorifiques, se retrouve au cœur du jeu politique israélien après les résultats incertains des élections législatives. À partir du mercredi 4 novembre, il recevra les chefs des partis pour désigner le député chargé de former une coalition gouvernementale.
Les élections législatives du 27 octobre n'ayant permis de dégager aucune majorité, ni pour la coalition de Benjamin Netanyahu (53 sièges) ni pour le camp emmené par son rival centriste Gadi Eisenkot (48 sièges), les tractations se poursuivent de part et d'autre pour rallier de nouveaux soutiens et atteindre le seuil des 61 sièges au Parlement nécessaires pour gouverner.
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Isaac Herzog, réputé pour sa pusillanimité, doit recevoir les partis mercredi et jeudi. Le président a une semaine maximum pour désigner le candidat selon lui le mieux placé - sans qu'il s'agisse nécessairement du chef de la formation arrivée en tête du scrutin. Il a jusqu'au 11 novembre pour faire son choix.
La loi laisse au président une large marge de manœuvre, sans fixer de critères précis pour guider son choix.
Dans un entretien au média américain MS Now à la veille du scrutin, Isaac Herzog a dit s'attendre à subir de fortes pressions, assurant toutefois que ni le "président des États-Unis", qui a appelé à voter pour Benjamin Netanyahu, "ni qui que ce soit d'autre" ne pourrait interférer dans sa décision.
Souhaitant à tout prix éviter de nouvelles élections, il avait appelé la semaine dernière les partis à "tout faire" pour former une coalition. Il s'était auparavant dit prêt à soutenir un gouvernement d'union nationale entre Benjamin Netanyahu et Gadi Eisenkot. Selon les enquêtes d'opinion, cette dernière option est populaire parmi les Israéliens.
Un ancien opposant à Benjamin Netanyahu
Discret, diplomate et fin connaisseur des arcanes de la politique israélienne, Isaac Herzog, 66 ans, est l'héritier d'une des plus grandes familles israéliennes, parfois comparée aux Kennedy américains.
Né à Tel-Aviv en 1960, il a grandi en partie aux États-Unis, avant de servir dans le renseignement militaire et d'étudier le droit. Élu député en 2003, il a occupé plusieurs portefeuilles ministériels avant de prendre, dix ans plus tard, la tête d'un Parti travailliste (centre-gauche) en crise.
En 2015, Isaac Herzog, souvent raillé pour sa voix fluette, tente de déloger Benjamin Netanyahu du pouvoir, incarnant une alternative modérée au très clivant "Bibi", surnom du Premier ministre. Mais il échoue face à son adversaire, devenu depuis le Premier ministre à la longévité inégalée dans l'histoire d'Israël.
"Pogrom contre la démocratie"
Les discussions avec le président seront entamées dans un contexte de tensions croissantes entre les deux candidats prétendants.
Lundi soir, Benjamin Netanyahu s'est fendu d'un long message sur ses réseaux sociaux pour se dire "ouvert au dialogue" et appeler à la formation, mais uniquement sous sa direction, d'une large coalition gouvernementale.
Il a sans surprise exclu qu'y participent les partis arabes, qu'il continue d'accuser de fraude, même si l'enquête réclamée par son camp n'a pour l'heure rien donné, et que la Commission électorale a assuré que les résultats ne seraient pas remis en question.
De son côté, Gadi Eisenkot a accusé Benjamin Netanyahu et le Likoud de "pogrom contre la démocratie", après que la procureure générale Gali Baharav-Miara eut émis des doutes sur l'impartialité de l'enquête lancée par les services de renseignement sur des soupçons de fraude électorale concernant les partis arabes.
Avec AFP
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