Nantes (AFP) – Le coût des réparations au lycée Nelson Mandela de Nantes, dont le hall d'entrée a été détruit par un incendie, est d'"au moins deux millions d'euros", a annoncé vendredi la région Pays de la Loire.

Publié le : 02/10/2026 - 18:34

En raison des dégradations, l'établissement, dont le hall est "complètement détruit", restera fermé "jusqu'aux vacances de la Toussaint" et les cours seront assurés "en distanciel", avait précisé un peu plus tôt la région.

Elle a également décidé "d’avancer de plusieurs semaines" la distribution d'ordinateurs portables à l'ensemble des élèves de seconde, afin de "faciliter l’accès" aux cours en distanciel.

Au lendemain de l'impressionnant incendie qui a embrasé l'entrée du lycée, "les premières estimations font état d'un coût de remise en état d’au moins deux millions d'euros", a affirmé la région dans un communiqué.

Des expertises seront menées la semaine prochaine "afin d'établir un diagnostic plus précis, notamment sur l’état de la charpente qui a été endommagée par l’incendie", a précisé la collectivité.

Plusieurs lycées de Nantes sont par ailleurs fermés jusqu'à mardi inclus, pour des raisons de sécurité, selon la même source.

A l'échelle de la région, le coût des travaux de remise en état des lycées dégradés se monte à "au moins trois millions d'euros", a estimé vendredi la région. Douze lycées "ont subi des dégradations importantes", a-t-elle précisé, parmi lesquels le lycée Paul-Émile Victor à Avrillé (Maine-et-Loire), où un bâtiment administratif a notamment été "saccagé puis incendié".

Une centaine d'élèves du lycée Nelson Mandela se sont rassemblés vendredi dans un parc public proche de l'établissement.

Dans une prise de parole commune, autour d'une banderole et d'un portrait de l'ancienne figure anti-apartheid, les élèves ont exprimé leur désarroi et se sont désolidarisés des actions violentes, a constaté l'AFP.

"Les cours en distanciel vont renforcer les inégalités contre lesquelles on lutte", a regretté Lily, 17 ans, en terminale générale. "Je suis un peu sous le choc et en colère du fait qu'on ne parle de notre lycée que quand il y a des violences. Cela décrédibilise notre cause", a-t-elle déploré.

Les cours en présentiel ne pourront pas reprendre dans cet établissement avant au moins début novembre.

"Ce n'est pas la même chose d'être chez soi et de ne pas voir nos profs en direct pour leur poser des questions. On se demande comment on va garder le rythme", témoigne Célestine, 16 ans, en classe de 1ère. Elle s'inquiète "pour le bac en fin d'année".

Un professeur de philosophie, qui n'a pas souhaité donner son nom, s'est dit "dans le flou" quant à la mise en place des cours à distance. "Ce qui est sûr, c'est que cela va pénaliser les élèves les plus fragiles", a-t-il souligné.

Pour Alain Patron, 68 ans et père d'un élève de terminale à Mandela, "ce qui est arrivé est à pleurer". "Des jeunes cagoulés et masqués ont mis le feu à une puis deux puis trois poubelles et c'est allé très vite (...) On a eu l'impression d'un commando organisé, décrit-il. C'est affligeant de voir que le mouvement pacifique a été débordé par la violence."

"Un lycée en feu, des lieux d'éducation pris pour cibles, ce sont des échecs, dans une démocratie qui se veut +adulte+", a déclaré la maire PS de Nantes Johanna Rolland dans un communiqué. "Pour nous c'est insupportable", a-t-elle dénoncé.

Situé sur l'île de Nantes, le lycée public polyvalent Nelson Mandela accueille plus de 1.700 élèves et étudiants, selon son site internet.

© 2026 AFP

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