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Publié le : 20/02/2026 - 19:51Modifié le : 20/02/2026 - 19:52

Cette semaine, nous vous proposons une émission spéciale sur les quatre ans de guerre en Ukraine avec un reportage long format dans le pays et un entretien avec Charles Michel, ancien président du Conseil européen. Il revient sur ce conflit qui s'est déclenché alors qu'il était en poste au Conseil.

Alors qu'il était président du Conseil européen quand la guerre a éclaté le 24 février 2022, Charles Michel en garde un souvenir fort. "La nuit de l'invasion russe, Volodymyr Zelensky m'a téléphoné pour me dire que la guerre avait démarré sur l'ensemble du territoire. Un homme qui était traqué : on avait peur qu’il soit capturé ou éliminé par les Russes. C’était un des objectifs de Poutine !"

Il salue la fermeté et la rapidité des Européens. Selon lui, Vladimir Poutine a été pris par surprise, car il pensait que l'Ukraine allait "s'effondrer en quelques jours et que l'Europe allait se diviser". Or il y a eu unité chez les Européens pour livrer des armes. Des regrets ? Charles Michel estime que l'Otan "n'a pas eu assez de courage, au début peut-être intimidée par la rhétorique du Kremlin, en refusant un parapluie aérien pour protéger les Ukrainiens des missiles."

Mais le 24 février 2022, les leaders européens ont compris que s'ouvrait une nouvelle ère. Pourtant, quatre ans après et avec le 20ᵉ paquet de sanctions européennes, quel est leur impact sur le pouvoir russe ? Selon Charles Michel, "ces sanctions font du mal économiquement à Poutine" et "la levée des sanctions de l'UE peut être un levier de pression lors des négociations".

Après la guerre en Ukraine et l'arrivée de Trump au pouvoir, "on a changé de monde", constate l'ancien président du Conseil. Si Donald Trump a baissé sa contribution envers l'Ukraine, l'UE prend le relais avec une aide financière de 90 milliards. "Il faut faire plus encore, c'est un investissement pour nous, pour notre paix, soutenir les Ukrainiens, c'est soutenir notre propre avenir."

Il faut néanmoins que les Européens s'affranchissent des Américains en développant des projets de défense industriels et les programmes de surveillance satellitaire comme Starlink, mais cela prendra du temps.

Concernant les négociations de paix ou de cessez-le-feu, Charles Michel estime que "c’est une honte que les Européens soient mis à l'écart". Selon lui, Emmanuel Macron a raison de vouloir reprendre le dialogue avec Poutine sans naïveté. "Comme Giorgia Meloni, d’ailleurs sur les mêmes positions. C’est un conflit qui va impacter le sort de nos enfants et petits-enfants. On ne peut pas accepter les bras ballants que les Américains et les Russes jouent à la roulette russe avec notre avenir."

Émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Oihana Almandoz.

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