Hong Kong a voté dimanche pour élire ses nouveaux législateurs conformément aux règles imposées par Pékin depuis 2021, les efforts du gouvernement pour encourager la participation ayant été éclipsés par l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu la ville depuis des décennies.
Publié le : 06/12/2025 - 17:53Modifié le : 07/12/2025 - 19:21
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Les citoyens de Hong Kong, ancienne colonie britannique rétrocédée en 1997, aujourd'hui territoire à statut spécial de la Chine et place financière, ont voté dimanche 7 décembre pour élire 90 députés du Conseil législatif de Hong Kong, dont seulement 20 sièges sont pourvus au suffrage direct.
Les autorités chinoises ont réformé le système électoral de l'île en 2021 afin de garantir que seuls les "patriotes" puissent occuper des fonctions publiques et ont considérablement réduit le nombre des sièges - actuellement 20 sur 90 - pourvus au suffrage direct au Conseil législatif.
Ces législatives ont enregistré un taux de participation de 31,9 %, selon le bureau électoral de la ville, soit légèrement supérieur à celui du précédent scrutin de 2021 qui avait connu la plus faible participation.
Les autorités avaient mis en place des mesures incitatives comme l'extension horaire des bureaux de vote, ou encore une circulation plus tardive des trains. Certaines entreprises ont promis d'accorder une demi-journée de congé à leurs employés s'ils se rendent aux urnes.
Environ 1,3 million des 4,1 millions d'électeurs inscrits ont voté, selon les chiffres officiels. Ce scrutin s'est déroulé sans les deux principaux partis pro-démocratie : le Parti civique, dissous en 2023, et le Parti démocrate, en déclin.
Environ un tiers des députés sortants n'ont pas brigué de nouveau mandat. Parmi les nouveaux venus, la championne olympique d'escrime Vivian Kong, candidate dans la circonscription dédiée au tourisme - où le vainqueur est désigné par les représentants du secteur et non par le suffrage universel.
Une campagne ternie par l'incendie de Wang Fuk Court
Cette campagne électorale a été brutalement interrompue par l'incendie qui a ravagé des tours d'habitation de Wang Fuk Court, dans le nord de Hong Kong le 26 novembre, faisant au moins 159 morts.
Ce drame a suscité la colère d'une partie des habitants qui demandent que soient établies les responsabilités. Des rescapés et riverains appellent à une supervision accrue du gouvernement, à une enquête approfondie et à des solutions de relogement rapides.
En réponse, le gouvernement présentera un projet de loi lors de la première séance du nouveau Conseil législatif afin d'aborder les mesures d'aide et de reconstruction, a fait valoir le chef de l'exécutif local, John Lee. Il avait déjà annoncé la création d'une "commission indépendante" présidée par un juge, chargée d'enquêter sur l'incendie qui a ravagé sept tours en rénovation.
En 2021, affrontements entre les camps pro-Pékin et pro-démocratie
Mercredi soir, la police avait arrêté 15 personnes de différentes entreprises de construction, soupçonnées d'homicide involontaire. La police aurait également arrêté, selon des médias locaux, au moins trois personnes pour sédition à la suite de l'incendie, dont Miles Kwan, un étudiant de 24 ans qui distribuait des tracts réclamant des comptes au gouvernement. Ce dernier a été vu ensuite sortir libre d'un poste de police.
L'agence de sécurité nationale chinoise à Hong Kong (OSNS) a convoqué samedi des représentants des médias internationaux, dont l'AFP, pour une mise au point, les accusant d'avoir diffusé de fausses informations dans leurs reportages sur la couverture de l'incendie. "Le Bureau ne tolérera aucune action des éléments anti-Chine et fauteurs de troubles à Hong Kong", pouvait-on également lire dans la déclaration en ligne de l'OSNS.
Avant 2021, des élections législatives à Hong Kong avaient été marquées par de violents affrontements entre les camps pro-Pékin et pro-démocratie, ces derniers remportant souvent environ 60 % des suffrages.
Mais en 2020, Pékin avait imposé une loi de sécurité nationale draconienne, étouffant notamment la dissidence, après que la ville eut été secouée en 2019 par des manifestations d'ampleur pour la démocratie, avec parfois de la violence. Certains députés pro-démocratie ont été emprisonnés, d'autres ont démissionné ou fui Hong Kong.
Avec AFP
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