Un navire de croisière, possible foyer d'hantavirus qui a fait trois morts à bord, pourrait débarquer aux îles Canaries, a fait savoir l'opérateur dans un communiqué publié lundi. Selon cette même source, 149 personnes de 23 nationalités sont contraintes de respecter de strictes "mesures d'isolement" à bord.

Publié le : 04/05/2026 - 15:35Modifié le : 04/05/2026 - 19:29

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Les îles de Las Palmas et Tenerife, sur l'archipel espagnol des Canaries, sont "envisagées comme porte d'entrée pour le débarquement" du bateau de croisière, présumé foyer d'hantavirus et actuellement au large du Cap-Vert, à bord duquel se trouvent 149 personnes de 23 nationalités, a annoncé l'opérateur dans un communiqué, lundi 4 mai.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait fait état dimanche de trois morts liées à ce présumé foyer d'infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l'Atlantique. Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.

"L'option de poursuivre la navigation vers Las Palmas ou Tenerife (îles Canaries) est envisagée comme porte d'entrée pour le débarquement, où des contrôles médicaux supplémentaires et la prise en charge pourraient avoir lieu", a indiqué le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions dans un communiqué.

"Des mesures de précaution strictes sont en cours à bord, notamment des mesures d'isolement, des protocoles d'hygiène et une surveillance médicale", a assuré Oceanwide Expeditions.

L'opérateur a expliqué qu'après un premier décès à bord le 11 avril, le corps du passager a été débarqué sur l'île de Sainte-Hélène (Royaume-Uni) le 24 avril, accompagné par son épouse. Celle-ci est ensuite tombée malade, avant de décéder à son tour. Le couple est de nationalité néerlandaise.

Refus du Cap-Vert

Le 27 avril, un passager britannique est ensuite "tombé gravement malade et a été évacué médicalement vers l'Afrique du Sud", selon le croisiériste.

Un ressortissant allemand est également décédé à bord du bateau le 2 mai, sans que la cause ait été établie, ajoute Oceanwide Expeditions.

"Deux membres d'équipage présentent actuellement des symptômes respiratoires aigus, l'un légers et l'autre sévères. Tout deux ont besoin de soins médicaux urgents", est-il précisé dans le communiqué.

Le navire n'a pas été autorisé à accoster dans le port de la capitale cap-verdienne, Praia, selon la présidente de l'Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, qui a expliqué que des équipes médicales sont venues à bord à deux reprises pour évaluer les deux personnes infectées.

"Il n'y a aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage", a jugé Hans Kluge, directeur de l'OMS Europe, soulignant que les infections à hantavirus sont rares, généralement liées à l'exposition à des rongeurs infectés, et ne se transmettent "pas facilement entre personnes".

L'OMS Europe collabore avec les pays concernés afin de soutenir la prise en charge médicale, l'évacuation et les investigations, a-t-il précisé.

Un photographe de l'AFP a pu voir lundi matin le navire, le MV Hondius, mouiller au large du port de Praia, capitale de l'archipel ouest-africain situé au large du Sénégal.

Dans son premier communiqué sur la situation, Oceanwide Expeditions, spécialiste des expéditions polaires, avait confirmé "une situation médicale grave" à bord du MV Hondius. Il avait ensuite annoncé trois décès, dont deux à bord et un après le débarquement.

Transmission par les rongeurs

"Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas", a aussi dit Oceanwide Expeditions.

Un tel rapatriement dépendrait de plusieurs facteurs, notamment de l'autorisation des autorités du Cap-Vert, selon le communiqué.

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué qu'il "étudiait actuellement les possibilités d'évacuer médicalement quelques personnes du navire". "Si cela s'avère possible, le ministère des Affaires étrangères se chargera de la coordination", a affirmé un porte-parole.

L'hantavirus, une maladie généralement transmise à l'homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, a-t-il précisé.

Il n'est toutefois pas encore établi si le virus était à l'origine des trois décès, selon Oceanwide Expeditions. Et aucun cas d'hantavirus n'a été officiellement confirmé chez les deux passagers présentant des symptômes requérant des soins à bord du navire.

"La cause exacte et tout lien éventuel font l'objet d'une enquête", a déclaré l'entreprise.

L'OMS, dans ses premières communications dimanche, avait indiqué qu'un cas d'infection par l'hantavirus avait été confirmé et qu'il y avait "cinq autres cas suspects".

"Bien que rare, l'hantavirus peut se transmettre d'une personne à l'autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés", avait-elle précisé.

Avec AFP

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