Le président américain Donald Trump a recu mardi le chancelier allemand Friedrich Merz à la Maison Blanche, pour des discussions sur divers sujets sensibles, dont l'attaque lancée par les États-Unis et Israël sur l'Iran. Le président en a profité pour reprocher au Royaume-Uni et à l'Espagne leur manque de coopération.
Publié le : 03/03/2026 - 04:49Modifié le : 03/03/2026 - 22:40
La réunion devait être consacrée au commerce, mais voilà que le chancelier allemand Friedrich Merz se retrouve, mardi 3 mars, dans la position délicate d'être le premier dirigeant étranger à rencontrer Donald Trump depuis le début de la guerre en Iran.
Lors d'une conférence de presse conduite par le chancelier allemand et le président américain peu après l'arrivée de Friedrich Merz à Washington, Donald Trump a notamment attaqué plusieurs gouvernements de l'Union européenne, se disant "mécontent" de Londres et menaçant de cesser de commercer avec l'Espagne à cause de l'Otan, mais a épargné Berlin.
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Il a ainsi multiplié les attaques mardi contre le Premier ministre Keir Starmer, qu'il accuse notamment de soutenir trop mollement son grand allié dans la guerre au Moyen-Orient, au risque de torpiller la relation privilégiée entre Londres et Washington.
"Ce n'est pas à Winston Churchill que nous avons affaire", a cinglé Donald Trump mardi dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, se disant "mécontent de Londres". Au cœur de l'ire présidentielle, la base militaire conjointe de Diego Garcia, hautement stratégique, située dans l'archipel des Chagos, dans l'océan Indien. Londres a dans un premier temps refusé que les États-Unis l'utilisent dans leur guerre contre l'Iran.
"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne"
L'autre cible de Donald Trump mardi a été l'Espagne, avec laquelle il a menacé de "cesser tout commerce", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.
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"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche.
"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.
"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5 %" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé. "L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.
Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares avait déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron. "Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.
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Assurer la "protection" des soldats de la Bundeswehr dans la région
Lors de la conférence de presse conjointe avec le président américain, Friedrich Merz a de son côté déclaré qu'Allemagne et États-Unis partageaient le désir commun de voir disparaître le régime actuel à Téhéran, ajoutant vouloir discuter avec Donald Trump de l'après-guerre en Iran.
"Nous sommes sur la même longueur d'onde s'agissant de repousser ce régime épouvantable en Iran", a déclaré le chancelier allemand. "Nous allons parler du jour d'après", a-t-il ajouté à propos de sa réunion avec le président américain, disant également vouloir discuter de l'Ukraine et des relations commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis.
Prévue de longue date, la rencontre entre Donald Trump et Friedrich Merz à la Maison Blanche devait en effet au départ se concentrer sur les droits de douane et la guerre en Ukraine. L'exercice s'annonçait déjà compliqué, du fait des tensions entre les Européens et le président américain imprévisible. Il l'est devenu encore plus avec le déclenchement de l'offensive américano-israélienne.
Dimanche, Friedrich Merz avait déjà déclaré que l'Allemagne ne donnerait pas de "leçons" sur la légalité de cette opération.
Dans un communiqué publié avec le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, il s'était également dit prêt à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" pour détruire les capacités militaires de Téhéran, face aux ripostes iraniennes dans toute la région.
Berlin a toutefois souligné qu'il s'agissait uniquement d'assurer la "protection" des soldats de la Bundeswehr dans la région.
Avec AFP et Reuters
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