Le président Emmanuel Macron a pris la parole mardi soir pour s'adresser aux Français à propos de la guerre en Iran et de ses répercussions au Proche et Moyen-Orient. Il a notamment annoncé avoir ordonné au porte-avions Charles de Gaulle de "faire route" vers la Méditerranée. Il a aussi précisé que la France avait abattu des drones "en légitime défense" et ce, "dès les premières heures" du conflit.
Publié le : 03/03/2026 - 20:00Modifié le : 03/03/2026 - 21:32
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Au quatrième jour de la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français afin d'évoquer ce conflit et ses répercussions au Proche et Moyen-Orient mardi 3 mars, depuis le palais de l'Élysée.
La France va redéployer le porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aéronaval en Méditerranée face à la "situation instable" au Moyen-Orient et "aux incertitudes des jours à venir", a annoncé mardi soir Emmanuel Macron.
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Lors d'une allocution radiotélévisée de huit minutes, le président français a annoncé en outre qu'une opération de rapatriement des quelque 400 000 Français résidant ou de passage dans la région avait débuté, pour "ceux qui le souhaitent", les "plus vulnérables" étant prioritaires. Deux premiers vols étaient attendus dans la soirée en France.
Il a également fait état du déploiement à titre défensif dans la région, "ces dernières heures", de chasseurs Rafale et de systèmes de défense antiaérienne et radars aéroportés, en vertu des accords qui lient la France au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis d'une part, à l'Irak et à la Jordanie d'autre part.
Ces renforts viennent s'ajouter aux moyens militaires déjà sur place dans les deux bases françaises en Jordanie et aux Émirats arabes unis, respectivement. "Nous continuerons autant que de besoin cet effort", a dit Emmanuel Macron.
"Il en va de la crédibilité de la France", a-t-il souligné, alors que les monarchies du Golfe, dans un tournant géostratégique inédit, sont visées par les ripostes de l'Iran aux bombardements israéliens et américains contre son territoire.
"Face à cette situation instable, aux incertitudes des jours à venir, j'ai donné ordre que le porte-avions Charles-de-Gaulle, ses moyens aériens, son escorte de frégates, fassent route vers la Méditerranée", a-t-il dit.
Une rumeur du redéploiement du groupe aéronaval avait circulé dimanche, mais elle avait été démentie par l'état-major. Il se trouve actuellement en Atlantique Nord.
Emmanuel Macron a précisé que les forces armées françaises stationnées dans la région avaient "réagi immédiatement" au lancement de l'opération "Fureur épique" et avaient "abattu en légitime défense des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l'espace aérien de nos alliés qui savent pouvoir compter sur nous".
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"L'Histoire ne pleure jamais les bourreaux"
La frégate Languedoc est également en route pour Chypre, membre de l'Union européenne, qui bénéficiera aussi de systèmes de défense antiaérienne.
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Tout en estimant que l'offensive israélo-américaine emportait "de graves conséquences" pour la paix et la stabilité et intervenait "en dehors du droit international", le chef de l'État a affirmé que le régime de Téhéran portait "la responsabilité première de cette situation".
Au nombre des motifs invoqués, Emmanuel Macron a cité le développement d'"un programme nucléaire dangereux", de "capacités balistiques inédites", le soutien aux groupes armés dans la région, tels le Hamas, la répression meurtrière des manifestations en janvier dans le pays et des "négociations qui ne progressaient plus" avec les États-Unis sur le nucléaire.
"L'Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple", a-t-il déclaré, dans une référence au guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, tué dans les frappes. Emmanuel Macron a "formé le vœu" que le peuple iranien "puisse lui-même librement décider de son destin".
Israël doit "respecter le territoire libanais et son intégrité"
Le président français a concédé que les bombardements "devraient continuer" avec l'objectif d'"affaiblir l'Iran" et de "détruire ses capacités de riposte".
Mais, a-t-il poursuivi, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni (E3) ont "clairement dit qu'un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable". Il a exhorté Israël "à respecter le territoire libanais et son intégrité", alors que les hostilités ont repris entre le Hezbollah et Tsahal. Un déploiement terrestre de l'armée israélienne serait "une erreur stratégique", a considéré Emmanuel Macron.
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Le chef de l'État a assuré que tout était mis en œuvre sous ses ordres pour assurer la protection du pays, des emprises et des ambassades françaises au Moyen-Orient. S'agissant du territoire national, il a confirmé le renforcement du dispositif Sentinelle et une "vigilance" particulièrement autour des personnes et sites les plus exposés.
Avec Reuters
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