Créé pour aider à la reconstruction de Gaza puis doté d'une mission plus large de résolution des conflits, le Conseil de paix de Donald Trump a tenu, jeudi, sa première réunion à Washington. Le président américain a prononcé un long discours mais n'a fourni que peu d'informations quant aux objectifs de son conseil à un milliard d'euros l'entrée.
Publié le : 19/02/2026 - 08:15Modifié le : 20/02/2026 - 08:10
Donald Trump a ouvert, jeudi 19 février, la première réunion de son Conseil de la paix. De la recherche d'un accord avec l'Iran à la reconstruction de Gaza, en passant par la "surveillance" de l'ONU, lors de son discours – décousu – d'inauguration, le président américain a balayé large, n'apportant que peu de détails quant aux objectifs de son conseil.
Quelque 47 pays dont seulement certains sont membres à proprement parler du Conseil de la paix, et l'Union européenne (UE), en "observatrice", étaient présents.
Un ultimatum lancé à l'Iran
Donald Trump a indiqué se donner "dix à quinze jours" pour décider si un accord avec l'Iran est possible, ou s'il recourt au contraire à la force contre Téhéran.
"Nous devrons peut-être aller plus loin, ou peut-être pas, nous allons peut-être conclure un accord. Vous le saurez probablement dans les dix prochains jours", a déclaré le président américain dans un discours à Washington devant son Conseil de paix, qui tenait sa première réunion.
Il a ensuite évoqué un délai de "dix, quinze jours" maximum, pendant un échange avec des reporters dans l'avion l'emmenant en Géorgie (sud-est) pour un déplacement consacré à l'économie.
Le président américain a répété, pendant son discours à Washington, que sans un accord "pertinent", de "mauvaises choses" arriveront, alors que les États-Unis ont mis en place au Moyen-Orient une imposante force de frappe navale et aérienne.
Des milliards pour Gaza, une force de stabilisation et de police
Donald Trump a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis "plus de 7 milliards de dollars" pour reconstruire la bande de Gaza dévastée.
Il a aussi annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars pour le Conseil de la paix, doté d'une mission plus large et très vague de résolution des conflits dans le monde.
La rencontre a lieu dans un "Institut pour la paix" qui porte depuis peu le nom de Donald Trump sur sa façade.
La réunion porte aussi sur l'envoi de milliers de militaires pour une force de stabilisation, et sur la constitution d'une force de police.
Le chef de l'administration provisoire de la bande de Gaza, le Palestinien Ali Chaath, est parmi les participants.
Trump et ses alliés
La rencontre a commencé par une photo de famille, tandis que résonnaient les tubes préférés de Donald Trump, allant d'Elvis Presley à James Brown.
"Tout le monde aime la musique ?", a commenté le milliardaire de 79 ans, en incitant ses invités à "sourire".
Sur l'estrade, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, s'est tenu aux côtés du Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.
Le président américain, dans un discours largement improvisé, a rendu hommage à certains alliés comme le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, ou le président argentin, Javier Milei.
Crédibilité en jeu
Bruce Jones, expert de la Brookings Institution, décrit à l'AFP le projet du président américain comme "un mélange confus d'ambition et de narcissisme, qui ne repose sur aucun effort de cohérence intellectuelle."
Donald Trump, président du Conseil de la paix, est seul habilité à "inviter" d'autres dirigeants et peut révoquer assez facilement leur participation.
"Si cette réunion (jeudi) ne produit pas des résultats rapides et concrets" en particulier sur le plan humanitaire, "sa crédibilité va rapidement s'effondrer", prédit Max Rodenbeck, expert du International Crisis Group, dans un communiqué.
Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens dans la bande de Gaza, où Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de violer la trêve.
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"Surveiller" l'ONU ?
Au-delà de Gaza, le Conseil de la paix a pour mission de "garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits". De quoi, sur le papier, faire concurrence aux Nations unies.
L'ONU "a un grand potentiel" mais ne l'a "jamais réalisé", a déploré Donald Trump, qui se flatte d'avoir réglé tout seul huit conflits depuis son retour au pouvoir.
Le Conseil de la paix va "presque surveiller" l'ONU et "s'assurer qu'elle fonctionne correctement", a-t-il ajouté.
Les membres permanents du Conseil de la paix doivent verser 1 milliard de dollars pour adhérer.
Qui participe ou pas au Conseil de la paix ?
Des dirigeants idéologiquement alignés sur Donald Trump, mais aussi des pays concernés par l'avenir de Gaza ou désireux de s'attirer les bonnes grâces du président américain ont rejoint l'instance.
Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des États-Unis se sont eux abstenus dans leur majorité de rejoindre le Conseil de la paix comme membres fondateurs.
Certains sont venus jeudi en "observateurs", comme l'Italie ou l'Allemagne. D'autres, comme la France, restent à l'écart.
La Chine, invitée, n'a signalé aucune intention de participer.
Avec AFP
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