Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a présenté sa démission mardi, à l'issue d'une comparution devant les députés. Une décision prise à la suite de la collision ferroviaire qui a fait près de 70 morts dans la région de Tolède, le deuxième accident d'ampleur survenu depuis le début de l'année sur le rail espagnol.
Publié le : 03/11/2026 - 22:39Modifié le : 03/11/2026 - 22:50
Il avait jusque-là écarté toute éventualité de quitter son poste. Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a pourtant présenté sa démission, mardi 3 novembre, près d'une semaine après la catastrophe ferroviaire qui a coûté la vie à au moins 69 personnes près d'Urda, au sud de Madrid. Cette catastrophe est le deuxième accident d'ampleur survenu sur le réseau ferré espagnol depuis le début de l'année.
"J'ai pris ma décision concernant mon avenir dans les premières minutes qui ont suivi la tragédie, dès que j'en ai eu connaissance", a-t-il assuré. "Je rends aujourd'hui cette décision publique, dans le lieu où il est le plus pertinent de le faire, au siège de la souveraineté nationale, une fois accompli ce qui était, selon moi, le travail le plus urgent et le plus impossible à différer : mener les premières investigations (...), prendre les premières mesures pour indemniser (les victimes) et améliorer, dans la mesure du possible, la sécurité de notre système ferroviaire à court terme."
"Je souhaite vous faire savoir que je renonce non seulement à mes fonctions de ministre des Transports, mais que je renonce également à figurer sur les listes" pour les élections législatives anticipées du 29 novembre, a-t-il indiqué, sans préciser la date à laquelle il quitterait ses fonctions.
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"Une question de dignité politique"
"Un ministre des Transports d'un pays comme l'Espagne ne peut pas rester en fonction après deux accidents d'une telle gravité en moins d'un an, aussi différents soient-ils, et que j'en porte ou non une responsabilité directe", a déclaré le ministre, évoquant également la catastrophe d'Adamuz, qui avait fait 46 morts en janvier en Andalousie.
"C'est une question de dignité politique, de cohérence et d'empathie envers les victimes", a justifié Oscar Puente.
À l'issue du Conseil des ministres qui s'est tenu dans la matinée de mardi, Oscar Puente avait présenté à la presse un "plan extraordinaire pour renforcer la sécurité du réseau à grande vitesse", ainsi qu'un dispositif d'aides aux survivants et aux familles de victimes, assurant que le gouvernement travaillerait "sans relâche" pour "regagner la confiance" de la population envers le réseau à grande vitesse espagnol.
"116 vies trop tard"
Sous pression depuis la catastrophe, Óscar Puente était déjà à la tête du ministère des Transports en janvier lors de la catastrophe d'Adamuz, le 18 janvier dernier, lorsque deux trains à grande vitesse étaient entrés en collision. Très critiqué à l'époque par l'opposition de droite et d'extrême droite, sa situation politique était devenue intenable après la tragédie de mercredi, qui a de nouveau bouleversé le pays.
Cette seconde catastrophe est survenue à un mois des élections générales anticipées du 29 novembre, accentuant la pression sur le gouvernement de gauche, déjà fortement critiqué par l'opposition après la catastrophe ferroviaire de janvier.
"116 vies trop tard", a réagi sur X Ester Muñoz, porte-parole du Parti populaire, après l'annonce de la démission d'Óscar Puente. "Le 29 novembre, nous avons l'obligation morale de chasser Sánchez du gouvernement afin de pouvoir reconstruire l'Espagne", a-t-elle ajouté.
Ébranlé par plusieurs crises, le dirigeant socialiste cherche à obtenir sa réélection lors des élections générales anticipées du 29 novembre, bien que les sondages lui soient défavorables.
Avec AFP
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