Le ministre de l'Énergie Chris Wright est devenu mercredi le plus haut responsable américain à se rendre à Caracas depuis la capture de l'ex-président Nicolas Maduro début janvier. Il a rencontré la présidente par intérim Delcy Rodriguez et promis une "augmentation spectaculaire" de la production de pétrole au Venezuela. L'embargo américain sur l'or noir vénézuélien en vigueur depuis 2019 est "pour l'essentiel terminé", selon lui.

Publié le : 11/02/2026 - 18:39Modifié le : 12/02/2026 - 01:20

Le ministre américain de l'Énergie Chris Wright, en visite à Caracas, a promis mercredi 11 février une "augmentation spectaculaire" de la production de pétrole au Venezuela, jugeant l'embargo américain "pour l'essentiel terminé" et les relations entre les deux pays à "un tournant".

Chris Wright a rencontré la présidente par intérim Delcy Rodriguez à Caracas, devenant ainsi le plus haut responsable américain à se rendre au Venezuela depuis l'intervention militaire américaine et la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier.

"Viva Venezuela et viva les États-Unis !", a-t-il lancé en espagnol aux côtés de Delcy Rodriguez, sur les marches du palais présidentiel de Caracas. Chris Wright a ensuite estimé devant la presse que les relations entre les deux pays se trouvaient à "un tournant de l'histoire".

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"Redonner toute leur grandeur aux Amériques"

Il avait évoqué plus tôt un projet visant à "redonner toute leur grandeur aux Amériques" et un président Donald Trump "passionnément engagé" dans la transformation des relations avec Caracas, alors que les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 2019. Le responsable américain a prédit "un changement absolument spectaculaire dans la trajectoire de cette nation, dans l'état des relations entre le Venezuela et les États-Unis, et dans les conditions économiques dans l'hémisphère pour le commerce et les échanges".

Delcy Rodriguez a pour sa part évoqué "un partenariat productif à long terme (...) bénéfique pour les deux pays". "Nous avons parlé avec beaucoup de franchise des énormes opportunités qui s'offrent à nous et de certains problèmes et défis", a déclaré le ministre. La présidente par intérim a, elle, souhaité que les États-Unis et le Venezuela trouvent "à partir de leurs divergences historiques, la manière de continuer à avancer".

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Delcy Rodriguez gouverne sous pression américaine depuis son arrivée au pouvoir après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis. Elle a accepté des concessions comme ouvrir l'accès aux vastes ressources pétrolières du Venezuela et libérer, quoique lentement, des prisonniers politiques.

Les multinationales du pétrole hésitent à investir

L'administration Trump veut que les grands groupes pétroliers américains reconstruisent rapidement le secteur et augmentent la production de plusieurs millions de barils par jour, affirmant que les deux pays se partageront les bénéfices. Encore faut-il convaincre les majors du pétrole d'investir malgré l'instabilité politique, les questions sur la sécurité et la perspective de lourdes dépenses pour remettre l'outil de production en état.

Washington a instauré, durant le premier mandat de Donald Trump, un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays caribéen qui dépend de ses exportations d'or noir. Et à son retour à la Maison Blanche l'an dernier, le républicain a mis fin à l'essentiel des licences permettant aux multinationales du pétrole et du gaz d'opérer au Venezuela, à l'exception de celle de Chevron.

Mais cette posture a changé du tout au tout depuis la capture de Nicolas Maduro. Mardi, Washington a continué à lever des sanctions pour faciliter l'exploitation du pétrole vénézuélien par des entreprises américaines.

Après sa rencontre avec Delcy Rodriguez, Chris Wright a déclaré à la presse que l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien en vigueur depuis 2019 était "pour l'essentiel terminé". Le Venezuela entend, grâce à sa réforme de la loi sur les hydrocarbures, augmenter sa production de brut de 18 % en 2026. Le pays a produit 1,2 million de barils par jour (b/j) en 2025, après un plus bas historique d'environ 360 000 b/j en 2020, mais encore loin des 3 millions extraits quotidiennement au début du siècle.

Avec AFP

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