Une manifestation des partis d'opposition, des organisations étudiantes et du mouvement des "cafards" s'est tenue à New Delhi, dimanche, où un dispositif antiémeute a été mis en place. Ils réclament la démission du chef de la Commission électorale, qui a proposé une révision des listes électorales favorisant, selon eux, le parti du Premier ministre, Narendra Modi.

Publié le : 01/11/2026 - 07:57Modifié le : 02/11/2026 - 09:12

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Des milliers de manifestants se sont réunis à New Delhi, dimanche 1er novembre, pour réclamer la démission du responsable de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, en raison d'une révision controversée des listes électorales.

Le rassemblement, conduit par Rahul Gandhi, figure de proue de l'opposition et dirigeant du Parti du Congrès, est le dernier d'une série de manifestations dénonçant une réforme que ses détracteurs jugent destinée à favoriser le camp du Premier ministre Narendra Modi.

La Commission électorale tout comme le Bharatiya Janata Party (BJP) au pouvoir ont rejeté ces accusations.

Dimanche, des milliers de manifestants, scandant "vol de voix", ont convergé vers le Ramlila Maidan depuis différents quartiers du centre de New Delhi. Face à un défi sécuritaire d'ampleur, les autorités ont mis en place des déviations routières en amont du rassemblement.

Les détracteurs de cette révision, qui a entraîné la radiation de plus de 133 millions d'inscrits, selon des médias, disent qu'elle a touché de manière disproportionnée les minorités, en particulier les musulmans. Les autorités électorales soutiennent, quant à elles, qu'elle visait à éliminer les doublons, les défunts et les fraudeurs.

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Une réforme électorale contestée

Depuis plus d'un mois, des partis d'opposition, des organisations étudiantes et le mouvement des "cafards", porté par la jeunesse, organisent des manifestations quasi quotidiennes. Ils exigent le départ du commissaire électoral en chef, Gyanesh Kumar, contestant la révision des listes électorales.

L'ONG Human Rights Watch a dénoncé, mercredi, un processus "arbitraire et profondément vicié", appelant les autorités à "abandonner immédiatement ce processus, qui prive les populations les plus marginalisées de leur droit de vote et d'autres services publics".

La Commission électorale a de son côté démenti tout parti pris, précisant que les électeurs indûment radiés peuvent se réinscrire. De son côté, le BJP accuse ses opposants de chercher à saper la démocratie en remettant en cause, à tort, des processus électoraux légitimes.

Des manifestations organisées par le CJP en juillet, à la suite de fraudes présumées lors d'examens universitaires, avaient conduit à la démission du ministre de l'Éducation, une rare concession de Narendra Modi qui s'est forgé, en plus de dix ans au pouvoir, une image de dirigeant à la détermination sans faille.

Mais selon les analystes, ces manifestations, qui témoignent d'un soutien croissant envers l'opposition, constituent la crise politique la plus grave connue par Narendra Modi depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Toutefois, son gouvernement demeure stable et les prochaines élections générales ne sont pas prévues avant 2029.

Répression

Le mois dernier, les autorités ont arrêté des milliers de manifestants, dont celle du chef du mouvement des "cafards", déclenchant une vague de critiques, les opposants accusant le gouvernement de museler la contestation.

Pour ce grand rassemblement, un important dispositif policier a été déployé. Des images diffusées par l'agence de presse ANI montrent des véhicules antiémeutes ainsi que des dizaines d'agents des forces de l'ordre, munis de matraques et de boucliers, aux abords du lieu de la manifestation. Sur place, des annonces invitaient les participants à veiller à la fluidité de la circulation et à coopérer avec les forces de police.

La police de la route de Delhi a indiqué que des gens commençaient à arriver pour participer au rassemblement, en précisant : "Nous avons pris les dispositions nécessaires sur le site, et des mesures ont également été prévues le long du parcours de la marche".

Avec AFP et Reuters

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