Qu'est-ce qu'il s'est passé ?Des notifications téléphoniques ont été envoyées à des millions de personnes dimanche en Ukraine, les alertant d'une "menace nucléaire" ou "chimique", ou encore de "combats" dans les rues de Kiev. Un de ces messages était rédigé en russe et comportait un lien vers une chaîne Telegram nommée "Hitcore", dont le logo est un aigle métallique plaqué sur le drapeau russe.Quelques heures plus tard, le ministre russe des Situations d'urgence a déclaré qu’une "cyberattaque massive" avait touché sa propre application, entraînant l’envoi de "fausses informations" au public. Plusieurs comptes régionaux gérés par le ministère ont diffusé des messages mettant en garde contre une attaque nucléaire imminente contre la Russie. Par exemple, un message Telegram a été envoyé par les autorités de la région frontalière de Belgorod, avertissant que "des ogives nucléaires […] ont été lancées sur toutes les régions de Russie" et enjoignant la population à "faire d’urgence des provisions de nourriture pour trois semaines".Quelles applications ont été touchées ?L’application ukrainienne d’alerte aérienne est largement utilisée pour avertir des attaques russes par missiles et drones. Elle a été téléchargée plus de 46 millions de fois et compte plus de 6,7 millions d’utilisateurs quotidiens, selon son développeur, Ajax Systems.La Russie ne dispose pas d’un système national d’alerte aérienne et, en dehors des régions frontalières, n’envoie pas systématiquement d’alertes aux citoyens concernant les attaques ukrainiennes imminentes. Peu de Russes utilisent l’application concernée, gérée par le ministère des Situations d’urgence.Un acte de guerre ?On ignore encore si ces attaques s’inscrivaient dans le cadre de la guerre, qu’elles aient été menées par l’un ou l’autre camp, ou si elles ont été lancées par des acteurs ou des groupes indépendants. Le Centre ukrainien de communication stratégique, un projet soutenu par le gouvernement et mis en place pour contrer la propagande russe et les menaces en ligne, a déclaré que "des Russes avaient piraté" l’application. Un groupe pro-russe se faisant appeler Hitcore a revendiqué le piratage du système d’alerte ukrainien.Pour l'instant, personne n’a revendiqué la responsabilité de ce piratage.
En direct : "cyberattaques massives" contre les applications d'alertes en Ukraine et en Russie
Kiev a indiqué dans la nuit que son application mobile d'alerte à la population avait été piratée, une annonce suivie par celle de la Russie rapportant lundi une attaque contre l'application du ministère…




