Kim Jong-un a inauguré, jeudi, le neuvième congrès du Parti des travailleurs de Corée du Nord, saluant un "tournant historique dans la mise en œuvre de la cause socialiste" de son pays. Cet événement majeur peut servir de tribune pour annoncer des changements de politique ou définir les priorités du régime notamment en matière nucléaire.
Publié le : 19/02/2026 - 23:58Modifié le : 20/02/2026 - 07:53
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Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a ouvert, jeudi 19 février, un congrès crucial du Parti des travailleurs au pouvoir, qui selon les experts définira un large éventail de priorités, dont les objectifs du régime en matière nucléaire.
Kim Jong-un, cité vendredi par l'agence de presse officielle KCNA, a salué dans son discours ouvrant le neuvième congrès du parti unique à Pyongyang un "tournant historique dans la mise en œuvre de la cause socialiste" de son pays.
Le congrès, qui a normalement lieu tous les cinq ans, est le plus important rassemblement du parti, un événement politique majeur qui traditionnellement renforce l'autorité du régime et peut servir de tribune pour annoncer des changements de politique ou des remaniements au sein de l'élite.
Contre le "défaitisme profondément enraciné"
Kim Jong-un a déclaré jeudi que le pays avait surmonté les "pires difficultés" depuis le dernier congrès il y a cinq ans, et que le parti était aujourd'hui "confronté à des tâches historiques lourdes et urgentes : stimuler la construction économique et le niveau de vie de la population, et transformer tous les domaines de la vie étatique et sociale dès que possible". Il a également vilipendé le "défaitisme profondément enraciné" et "l'immaturité dans les capacités de leadership" qui continuent d'entraver le travail du parti, signe de possibles représailles contre les responsables jugés insuffisants.
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La Corée du Nord "a également consolidé de manière irréversible son statut sur la scène extérieure, entraînant un changement massif dans l'ordre politique mondial et les relations qui affectent notre pays", a affirmé Kim Jong-un, dans une apparente allusion aux déclarations répétées de Pyongyang se présentant comme une puissance nucléaire.
Cela fait plus de huit ans que la Corée du Nord a mené son sixième et dernier essai nucléaire sous-terrain sur le site de Punggye-ri, dans le nord-est du pays. Mais depuis le précédent congrès de 2021, la Corée du Nord a continué à développer son arsenal nucléaire et a procédé à de multiples essais de missiles balistiques intercontinentaux, bafouant les interdictions du Conseil de sécurité de l'ONU.
Économie moribonde
Pyongyang a aussi développé des liens étroits avec la Russie, envoyant notamment des soldats nord-coréens en soutien aux forces russes dans leur guerre contre l'Ukraine. En 2024, les deux pays ont signé un traité comprenant une clause d'assistance mutuelle en cas d'attaque.
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La Corée du Nord est soumise à plusieurs séries de sanctions en raison de ses programmes d'armement nucléaire. Depuis des années, l'économie nord-coréenne est moribonde et les pénuries alimentaires chroniques. Malgré cela, Kim Jong-un devrait se targuer des progrès du programme nucléaire du pays et d'un "alignement renforcé avec la Chine et la Russie", estime auprès de l'AFP Yang Moo-jin, ancien président de l'Université des études nord-coréennes.
Kim Jong-un avait marqué les esprits l'année dernière en assistant, aux côtés des présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, à une gigantesque parade militaire célébrant à Pékin la victoire contre le Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale 80 ans plus tôt. Une démonstration de son statut renforcé sur la scène politique mondiale.
Un titre officiel pour la fille de Kim Jong-un ?
Les parades militaires accompagnant traditionnellement la tenue d'un congrès seront surveillées de près par les experts grâce aux images satellites, car le régime de Pyongyang a l'habitude de les utiliser pour mettre en avant ses armes les plus récentes et les plus puissantes.
Une attention particulière sera également portée à la question de savoir si Ju Ae, la fille de Kim Jong-un considérée comme sa probable successeur, se verra attribuer un titre officiel.
Lors du précédent congrès, Kim Jong-un avait déclaré que les États-Unis étaient le "plus grand ennemi" de sa nation. La question est de savoir s'il pourrait adoucir cette position ou, au contraire, la durcir. Lors d'une tournée en Asie l'année dernière, Donald Trump s'était déclaré "ouvert à 100 %" à une rencontre avec Kim Jong-un. Il s'est même positionné à rebours de plusieurs décennies de politique américaine en concédant que la Corée du Nord était "en quelque sorte une puissance nucléaire". Mais Pyongyang n'a pas répondu à la proposition de Donald Trump et a répété à plusieurs reprises qu'il n'abandonnerait jamais ses armes nucléaires.
Avec AFP
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