Les "interventionnistes se sont immiscés dans des sociétés complexes qu'ils ne comprenaient même pas eux-mêmes", avait condamné Donald Trump en mai dernier dans un discours où il s'était inscrit en rupture avec l'interventionnisme passé des États-Unis. Samedi, il a pourtant engagé son pays dans des "opérations de combat majeures" au Moyen-Orient et appelé les Iraniens à se soulever. France 24 publie le verbatim de son allocution.
Publié le : 28/02/2026 - 12:10Modifié le : 28/02/2026 - 13:54
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Donald Trump avait promis son "aide" au peuple iranien. En lançant une campagne majeure aux côtés d'Israël contre l'Iran, le président américain a appelé samedi 28 février à un soulèvement populaire contre la République islamique, quitte à se départir de ses positions passées.
"Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir, ce sera à vous de le faire. Cela sera probablement votre seule chance pour des générations à venir", a-t-il affirmé dans un message vidéo pour annoncer les frappes américaines.
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Depuis les manifestations de janvier réprimées dans le sang en Iran, le dirigeant républicain n'a cessé de dénoncer la mort de civils, citant le plus souvent le chiffre de "32 000" manifestants tués.
Il avait alors lancé au peuple iranien que "l'aide était en route" et a déployé depuis une armada massive au Moyen-Orient, le plus important dispositif américain dans cette région depuis l'invasion de l'Irak en 2003.
"Nous sommes très proches de la victoire finale"
De façon visiblement coordonnée, le fils du dernier chah d'Iran, qui vit en exil dans la région de Washington, s'est dit confiant dans la victoire contre la République islamique.
"Nous sommes très proches de la victoire finale. Je veux être à vos côtés dès que possible afin qu'ensemble, nous puissions reprendre et reconstruire l'Iran", a déclaré samedi Reza Pahlavi dans une allocution vidéo.
"Je vous demande de rester chez vous pour l'instant et de préserver votre sécurité. Restez vigilants et prêts afin que, au moment opportun – que je vous annoncerai précisément –, vous puissiez retourner dans les rues pour l'action finale", a-t-il dit.
Des médias américains ont rapporté que des plans militaires proposant de cibler directement le guide suprême iranien, Ali Khamenei, avaient été présentés au président américain, mais il est trop tôt pour savoir si cela sera le cas.
Jusqu'à ce samedi, le président américain avait soufflé le chaud et le froid sur ses intentions, disant préférer la voie diplomatique mais prêt à envisager des frappes "limitées" à défaut d'un accord sur le nucléaire iranien. Mais il s'était gardé de parler ouvertement de changement de régime.
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Trump le non-interventionniste ?
Dans un discours marquant en mai en Arabie saoudite, le dirigeant républicain s'était pourtant inscrit en rupture avec l'interventionnisme passé des États-Unis, tout en affichant sa volonté de mettre fin aux conflits.
Il avait alors dit que les États-Unis se garderaient désormais de dire à d'autres nations "comment vivre ou gouverner" et que ce n'était pas à lui de regarder dans "l'âme" des dirigeants. Les "interventionnistes se sont immiscés dans des sociétés complexes qu'ils ne comprenaient même pas eux-mêmes", avait-il relevé.
Depuis lors, le président "faiseur de paix", comme il aime à se vanter, a ordonné des frappes contre des embarcations transportant de la drogue, selon Washington, dans les Caraïbes et le Pacifique, capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro dans une opération spectaculaire le 3 janvier et, déjà, ordonné des frappes en juin dernier contre l'Iran qui ont selon lui "anéanti" le programme nucléaire de Téhéran.
Le tout sans consulter le Congrès, qui est selon la Constitution américaine seul habilité à déclarer la guerre.
D'aucuns s'interrogent cependant sur ce qui se passera en Iran si le régime devait tomber, alors qu'au Venezuela le président américain joue la carte du pouvoir en place au détriment de l'opposition.
Personne ne sait "ce que serait l'impact d'un conflit sur le maintien au pouvoir du régime iranien", écrivait la semaine dernière Richard Haass, ancien président du Council on Foreign Relations, sur le site Substack.
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"Il pourrait tout aussi bien le renforcer que l'affaiblir", ajoutait-il.
Fin janvier, lors d'une audition parlementaire, le secrétaire d'État américain Marco Rubio concédait aussi que personne ne savait "ce qui se passera en Iran si le guide suprême et le régime venaient à tomber, si ce n'est l'espoir qu'il y ait quelqu'un, au sein de leur système, avec qui vous pourriez travailler".
"Il y a peu de temps, l'armée américaine a commencé des opérations militaires majeures en Iran. Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes venues du régime iranien, un groupe féroce de personnes très dures et terribles.
Ses activités menaçantes mettent directement en danger les États-Unis, nos troupes, nos bases à l'étranger et nos alliés dans le monde entier.
Pendant 47 ans, le régime iranien a scandé 'Mort à l'Amérique' et mené une campagne incessante de bains de sang et de massacres de masse, ciblant les États-Unis, nos troupes et des innocents dans de très nombreux pays.
Parmi les tout premiers actes du régime figurait le soutien à la prise de contrôle violente de l'ambassade américaine à Téhéran, retenant des dizaines d'otages américains pendant 444 jours.
En 1983, les alliés de l'Iran ont perpétré l'attentat de Beyrouth, qui a tué 241 militaires américains.
En 2000, ils savaient et étaient probablement impliqués dans l'attaque contre l'USS Cole. Beaucoup sont morts. Les forces iraniennes ont tué et mutilé des centaines de militaires américains en Irak.
Les alliés du régime ont continué à lancer d'innombrables attaques contre les forces américaines stationnées au Moyen-Orient ces dernières années, ainsi que contre des navires commerciaux américains et les voies de navigation internationales.
Cela a été du terrorisme de masse, et nous ne le tolérerons plus. Du Liban au Yémen et de la Syrie à l'Irak, le régime a armé, entraîné et financé des milices terroristes qui ont imbibé la terre de sang et de tripes.
Et c'est le Hamas, allié de l'Iran, qui a lancé les monstrueuses attaques du 7 octobre contre Israël, massacrant plus de 1 000 innocents, dont 46 Américains, tout en prenant 12 de nos citoyens en otage. C'était brutal, quelque chose que le monde n'avait jamais vu auparavant.
L'Iran est le premier État parrain du terrorisme dans le monde et a tout récemment tué des dizaines de milliers de ses propres citoyens dans la rue alors qu'ils manifestaient.
La politique des États-Unis, et en particulier de mon administration, a toujours été que ce régime terroriste ne puisse jamais posséder d'arme nucléaire. Je le répète : ils n'auront jamais d'arme nucléaire.
C'est pourquoi, lors de l'opération Midnight Hammer en juin dernier, nous avons anéanti le programme nucléaire du régime à Fordo, Natanz et Ispahan.
Après cette attaque, nous les avons avertis de ne jamais reprendre leur poursuite malveillante d'armes nucléaires, et nous avons cherché à plusieurs reprises à conclure un accord.
Nous avons essayé. Ils voulaient le faire. Ils ne voulaient pas le faire. Et puis ils voulaient le faire. Ils ne voulaient pas le faire. Ils ne comprenaient pas ce qu'il se passait. Ils voulaient juste faire le mal.
Mais l'Iran a refusé, tout comme il le fait depuis des décennies. Ils ont rejeté toutes les occasions de renoncer à leurs ambitions nucléaires. Et nous ne pouvons plus l'accepter.
Au lieu de cela, ils ont tenté de reconstruire leur programme nucléaire et de continuer à développer des missiles à longue portée qui peuvent désormais menacer nos très bons amis et alliés en Europe, nos troupes stationnées à l'étranger et pourraient bientôt atteindre le territoire américain.
Imaginez à quel point ce régime serait enhardi s'il possédait un jour, et était réellement armé, d'armes nucléaires comme moyen de délivrer son message.
Pour ces raisons, l'armée américaine entreprend une opération massive, en cours, pour empêcher cette dictature radicale et très vilaine de menacer l'Amérique et nos intérêts fondamentaux de sécurité nationale.
Nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles. Elle sera totalement – encore une fois – anéantie. Nous allons réduire à néant leur marine.
Nous allons veiller à ce que les alliés terroristes du régime ne puissent plus déstabiliser la région ou le monde et attaquer nos forces, et qu'ils ne puissent plus utiliser leurs engins explosifs improvisés, ou 'bombes de bord de route' comme on les appelle parfois, pour blesser si gravement et tuer des milliers et des milliers de personnes, dont de nombreux Américains.
Et nous veillerons à ce que l'Iran n'obtienne pas d'arme nucléaire.
C'est un message très simple : ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Ce régime apprendra bientôt que personne ne doit défier la force et la puissance des forces armées américaines. J'ai construit et reconstruit notre armée lors de mon premier mandat.
Il n'y a aucune armée sur Terre qui approche sa puissance, sa force ou sa sophistication. Mon administration a pris toutes les mesures possibles pour minimiser les risques pour les militaires américains dans la région. Malgré cela, et je ne fais pas cette déclaration à la légère, le régime iranien cherche à tuer.
De courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes. Cela arrive souvent à la guerre, mais nous ne faisons pas cela pour le présent. Nous faisons cela pour le futur. Et c'est une mission noble.
Nous prions pour chaque militaire alors qu'ils risquent leur vie de manière désintéressée pour garantir que les Américains et nos enfants ne seront jamais menacés par un Iran doté de l'arme nucléaire.
Nous demandons à Dieu de protéger tous nos héros en danger, et nous avons la conviction qu'avec son aide, les hommes et les femmes des forces armées triompheront. Nous avons les meilleurs au monde. Et ils triompheront.
Aux membres des Gardiens de la révolution islamique, aux forces armées, et à toute la police, je dis aujourd'hui que vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine.
Alors déposez les armes, vous serez traités équitablement avec une immunité totale, ou vous ferez face à une mort certaine.
Enfin, au grand et fier peuple d'Iran, je dis ce soir que l'heure de votre liberté est à portée de main.
Restez à l'abri. Ne quittez pas vos maisons. Il est très dangereux de sortir. Des bombes vont tomber partout. Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir.
Ce sera à vous de le faire. Ce sera probablement votre seule chance pour des générations à venir. Pendant de nombreuses années, vous avez demandé l'aide de l'Amérique, mais vous ne l'avez jamais obtenue.
Aucun président n'était prêt à faire ce que je suis prêt à faire ce soir. Maintenant, vous avez un président qui vous donne ce que vous voulez.
Voyons donc comment vous réagissez. L'Amérique vous soutient avec une force écrasante et une puissance dévastatrice. Il est maintenant temps de prendre le contrôle de votre destin et de libérer l'avenir prospère et glorieux qui est à votre portée.
C'est le moment d'agir. Ne le laissez pas passer.
Que Dieu bénisse les braves hommes et femmes des forces armées américaines. Que Dieu bénisse les États-Unis d'Amérique. Que Dieu vous bénisse tous. Merci."
Avec AFP
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