"Transformation sans précédent", "redressement historique", "âge d'or de l'Amérique : Donald Trump a brossé, mardi soir devant le Congrès, un tableau idyllique des États-Unis depuis son retour au pouvoir en janvier, et ce malgré le mécontentement grandissant des Américains sur l’économie et l’immigration, à moins d’un an des élections de mi-mandat.

Publié le : 25/02/2026 - 07:29Modifié le : 25/02/2026 - 07:54

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Un discours-fleuve pour un tableau un peu trop rose. Mardi 24 février, face à un Congrès toujours aussi divisé, Donald Trump s'est attelé à vendre l'image d'une Amérique en pleine renaissance économique et sauvée de l'immigration illégale. Les discours sur l'état de l'Union sont, chaque année, un moyen pour les présidents américains de mettre en valeur leur bilan.

Durant 1 h 47 min, - un record - Donald Trump a donc cherché à convaincre les Américains, appelés aux urnes en novembre prochain pour les élections de mi-mandat, que leur situation s’est améliorée, et ce malgré des enquêtes d’opinion qui font peur au camp républicain.

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Lors de la première partie de son allocution, en général la plus regardée par les téléspectateurs, Donald Trump a suivi les conseils de son entourage en restant discipliné, avec de nombreux chiffres pour nourrir son autosatisfaction. "Après seulement un an, je peux dire dignement et fièrement que nous avons accompli une transformation sans précédent et un redressement historique", a lancé le chef de l'État américain avant d'ajouter : "Notre pays est de retour." "L'inflation chute, les revenus augmentent vite, l'économie est florissante comme elle ne l'a jamais été", a-t-il énuméré. En bref, "ceci est l'âge d'or de l'Amérique".

La réalité est moins rose. La croissance économique n'a certes pas à rougir de ses 2,2 % en 2025, mais cela reste moins que les 2,3 % de 2024. L'inflation a bien ralenti mais elle reste au-dessus des objectifs de la Réserve fédérale. Et surtout, le ressenti dans les porte-monnaies est diamétralement différent. Selon un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47 % des Américains jugent que leur pouvoir d'achat s'est dégradé depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Et un tiers des Américains seulement approuvent sa gestion de l'inflation, selon une autre étude menée pour ABC News/Washington Post/Ipsos.

"Les démocrates détruisent notre pays"

Pour aider les élus républicains qui pourraient perdre leur siège en novembre, Donald Trump a particulièrement insisté sur sa "One Big Beautiful Bill" ("Grande et belle loi") qui a accordé de nouvelles baisses d'impôts l'année dernière. Il a aussi vanté ses droits de douane, sous les yeux de trois des juges de la Cour suprême qui les ont invalidés la semaine dernière. Très en colère immédiatement après la décision des magistrats, le président américain a veillé à rester poli mardi soir, la qualifiant de "très regrettable" tout en promettant de poursuivre sa politique protectionniste.

Si Donald Trump est resté mesuré sur l'économie, il s'est permis davantage d'attaques contre les démocrates dans la deuxième partie de son discours, et notamment sur le thème de l'immigration.

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Comme ce moment où il a demandé à ses auditeurs de se lever s'ils pensaient que la mission première des États-Unis était de protéger les citoyens américains et non pas les immigrés illégaux. Alors que de nombreux élus démocrates sont restés assis pendant que les républicains applaudissaient debout, le président a secoué la tête pendant de très longues secondes, comme pour faire durer la scène.

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Un peu plus tard, il s'est écarté de son prompteur pour fustiger l'opposition : "Ces gens sont fous, je vous le dis, ils sont fous (...). Les démocrates détruisent notre pays, mais nous les avons arrêtés juste à temps." En face, certains élus avaient décidé de ne pas se laisser faire. L'Afro-Américain Al Green a ainsi été expulsé alors qu'il tenait une pancarte "Les Noirs ne sont pas des singes" en référence au post raciste sur les Obama partagé par Donald Trump sur les réseaux sociaux.

Un discours "déconnecté de la réalité"

L'élue du Minnesota Ilhan Omar s'est elle aussi confrontée au républicain : "Menteur", "Vous avez tué des Américains", a-t-elle accusé, en référence à Renee Good et Alex Pretti, deux manifestants américains tués en janvier par des agents fédéraux à Minneapolis. Ilhan Omar et d'autres démocrates ont quitté la Chambre des représentants avant la fin du discours. Plusieurs dizaines de démocrates avaient décidé de purement et simplement bouder la soirée et d'organiser un rassemblement près du Congrès à la place.

"Les Américains n'ont jamais vu un discours sur l'état de l'Union aussi déconnecté de la réalité", a réagi le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, dénonçant "un quotidien marqué par des coûts plus élevés, des logements inabordables, plus de chaos, et plus de corruption".

"Est-ce que le président travaille pour vous ? Nous savons tous que la réponse est non", a résumé, en guise de réponse officielle des démocrates, la modérée Abigail Spanberger, dont la récente élection au poste de gouverneure de Virginie redonne de l'espoir à la gauche en vue des élections de mi-mandat.

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