Publié le : 04/03/2026 - 10:45
► En bref
Candidate à la mairie de Paris tout en conservant son poste de ministre de la Culture, Rachida Dati a finalement annoncé sa démission du gouvernement pour se concentrer sur l'élection municipale, à moins de trois semaines du premier tour. Elle était l'une des rares à avoir survécu à tous les remaniements depuis janvier 2024, malgré des poursuites judiciaires pour corruption et trafic d'influence. Elle s'est dite "très sereine" quant à son procès en septembre, affirmant qu'elle ne serait "pas empêchée".
À Marseille, le militant anti-narcotrafic Amine Kessaci apparaît dans le trio de tête de la liste du maire sortant Benoît Payan (divers gauche). En novembre 2025, Amine Kessaci a perdu son frère cadet Mehdi, un probable assassinat "d'intimidation" en représailles au militantisme d'Amine Kessaci contre les trafics de drogue, qui a bouleversé la deuxième ville de France et au-delà. La famille avait déjà été endeuillée en 2020 par la mort du grand frère Brahim, impliqué lui dans le trafic et dont le corps avait été retrouvé carbonisé.
Le Conseil d'État a confirmé la classification de LFI à "l'extrême gauche" et celle de l'UDR, parti d'Éric Ciotti, à "l'extrême droite" pour les élections municipales après avoir été saisi par les deux formations, qui contestaient cette décision du ministère de l'Intérieur. C'est la première fois que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui se définit comme de gauche radicale, est classé à l'extrême gauche depuis sa création en 2016. La France insoumise était jusqu'à présent classée à gauche, comme l'avait confirmé une décision du Conseil d'État en 2024. Mais le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, en a décidé autrement dans cette circulaire publiée au début du mois.
Le fossé se creuse entre LFI et le PS : Jean-Luc Mélenchon a dénoncé d'"intolérables accusations" après un communiqué du Parti socialiste l'accusant d"antisémitisme". Dans son communiqué, le PS a dénoncé "sans réserve" les "caricatures complotistes et propos antisémites intolérables" du leader insoumis, après les polémiques liées à sa prononciation des noms "Epstein" et "Glucksmann", le poussant à de rares excuses. Le parti à la rose a même appelé "localement, les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement" de ces propos, au risque de se priver d'un soutien essentiel dans des villes où leur apport sera décisif, comme Nantes ou Toulouse.
L'actualité internationale et l'opération américano-israélienne contre l'Iran ont chamboulé la campagne des municipales, avec le report de rendez-vous de plusieurs ténors et du débat très attendu entre Christian Estrosi et Éric Ciotti à Nice. Le patron du Rassemblement national, Jordan Bardella, a reporté sa conférence de presse à Paris sur le scrutin à venir pour tenir compte de la situation internationale. Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a également annulé une rencontre autour des municipales.
► Municipales 2026 : un enjeu national
Refus d'obstacle de la macronie, davantage préoccupée par la présidentielle
Déçu par ses résultats en 2020, le parti Renaissance a préféré ne pas se lancer pleinement dans la bataille des municipales (15 et 22 mars), optant pour des soutiens à des candidats mieux implantés. Alors que la fin du mandat d'Emmanuel Macron approche, la macronie a les yeux déjà tournés vers la présidentielle 2027.
► Le reportage
Adama Gaye, un candidat "start-up" qui veut bousculer les codes en banlieue parisienne
À 34 ans, Adama Gaye s’est lancé sans étiquette dans la course à la mairie de Mantes-la-Jolie, sa ville d'origine, à l’ouest de Paris. Formé à Sciences Po et fort d’expériences à l'international, le benjamin des candidats entend défier une droite solidement installée depuis trente ans. Son ambition : bousculer un système qu'il juge figé.
► La bataille pour Paris : épisode 5
Bournazel, Knafo et Chikirou donnent des sueurs froides aux favoris
Les campagnes de Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo et Sophia Chikirou perturbent le duel des favoris entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, au point de créer une grande incertitude concernant la configuration et l’issue du second tour des municipales dans la capitale.
► Dans Mardi Politique
Éric Coquerel (LFI) : "La loi du plus fort va devenir insupportable pour les peuples"
Les frappes israélo-américaines sur l'Iran viennent percuter le débat politique français. Éric Coquerel, député La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l'Assemblée, se "réjouirai[t] d'un changement de régime en Iran", mais regrette que "le droit international se volatilise au profit de la loi du plus fort". Il estime qu'il aurait été préférable que "Khamenei soit jugé pour l'ensemble de ses crimes".
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► Le chiffre de la semaine : 68
68 communes ne voteront pas
Sortants fatigués, relève insuffisante ou divisée... dans 68 communes, il n'y aura pas d'élections municipales les 15 et 22 mars, faute de candidats. Les départements du Doubs et de Haute-Saône comptent chacun cinq communes sans candidature. Il y en a quatre en Haute-Marne et dans la Loire. En 2020, 106 communes au total n'avaient aucun candidat. À ces communes s'ajoutent six villages sans habitants, "morts pour la France", entièrement détruits pendant la Première Guerre mondiale.
Le nombre de démissions de maires, en forte hausse au cours de ce mandat, avec près de 2 200 édiles qui ont jeté l'éponge entre juillet 2020 et mars 2025, peut expliquer les difficultés à trouver des volontaires, selon Géraldine Chavrier, chercheuse spécialiste des collectivités à l'université Panthéon-Sorbonne. "Quand vous êtes tête de liste et que vous abandonnez parce qu'il y a trop de travail, votre premier adjoint se dit qu'il ne va pas se lancer et il devient extrêmement difficile de déposer des listes complètes", détaille-t-elle.
► Les infos insolites de la campagne
À Mouflers, petit village de 96 habitants dans la Somme, pas moins de trois listes s'affrontent aux municipales. Autrement dit, près d'un habitant sur trois en âge de voter figurent sur une liste. "Ça fait beaucoup", note en souriant Fabien Cockenpot, agriculteur de 48 ans qui brigue la mairie pour "dynamiser" ce "village-dortoir" entre Amiens et Abbeville, qu'il trouve "malheureusement un peu mort". Selon lui, la multiplicité des candidats s'explique par la "discorde" entre une autre tête de liste et l'épouse – et première adjointe – du maire sortant, qui n'est lui pas candidat à sa réélection. En raison de cette brouille, une troisième liste s'est montée, dans laquelle l'épouse du maire sortant figure en deuxième position.
Francis Lalanne ne pourra pas être candidat aux élections municipales de Lyon sur la liste du mouvement d'extrême droite Spartacus. Le tribunal administratif a rejeté le recours du chanteur, connu pour ses positions antivax, contre le refus de la préfète du Rhône d'enregistrer la candidature de sa liste. Celle-ci s'était appuyée sur une décision du Conseil d'État, le déclarant inéligible jusqu'en octobre 2026 faute d'avoir déposé ses comptes de campagne après sa candidature aux Européennes de 2024. Les municipales de Lyon ne manqueront pas de célébrités pour autant. Sur sa liste, l'ancien patron de l'OL Jean-Michel Aulas, candidat adoubé par la droite et le centre, s'est entouré de l'ancien champion olympique de danse sur glace Gwendal Peizerat et du chef cuisinier et animateur de télévision Grégory Cuilleron.
Avec AFP
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