Dubaï (Emirats arabes unis) (AFP) – La Syrie va déployer des milliers de soldats en Arabie saoudite et au Yémen, où certains sont déjà sur place, pour soutenir le gouvernement yéménite et son allié saoudien face aux Houthis pro-iraniens, ont indiqué samedi à l'AFP plusieurs responsables yéménites.
Publié le : 07/11/2026 - 18:18
Ces déclarations surviennent trois jours après une visite à Riyad du président syrien Ahmed al-Chareh, au cours de laquelle un accord-cadre de coopération a été signé.
Il porte principalement sur "la formation des forces militaires et le renforcement de leurs capacités", souligne une source diplomatique syrienne citée par l'agence de presse Sana, démentant l'envoi de troupes au Yémen.
Ces informations sont "à ce stade, totalement infondées", a-t-elle dit, sans s'exprimer sur le déploiement de soldats dans le royaume saoudien.
Il s'agirait du premier déploiement étranger massif sur ce front depuis la reprise des hostilités en juillet au Yémen, alors que l'Arabie saoudite tente de mobiliser ses alliés face aux attaques quasi-quotidiennes des Houthis visant depuis octobre ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.
"Les parties syrienne et saoudienne ont convenu de l'envoi d'environ 3.000 troupes pour combattre les Houthis", a affirmé une source au sein du Conseil présidentiel, la plus haute instance dirigeante du Yémen, s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité du dossier.
Un responsable du ministère de la Défense a confirmé ce chiffre, précisant qu'un total de 10.000 personnels étaient prévus à terme.
Selon la même source, des équipes techniques des ministères de la Défense syrien et saoudien sont à Riyad pour finaliser le plan.
Sollicité par l'AFP, le ministère de la Défense syrien n'a pas donné suite dans l'immédiat. L'Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement islamiste syrien, n'a pas non plus réagi à cette annonce.
Soldats syriens aguerris
Des centaines de soldats syriens sont déjà présents de part et d'autre de la frontière entre le Yémen et le royaume, a ajouté la source gouvernementale yéménite, ainsi que des sources militaires distinctes.
La Syrie a été ravagée à partir de 2011 par une guerre civile dévastatrice qui a pris fin avec le renversement du président Bachar al-Assad fin 2024 par une coalition de groupes islamistes, menée par M. Chareh qui cherche aujourd'hui des investissements des pétromonarchies du Golfe pour reconstruire son pays.
L'armée syrienne est depuis formée par un ensemble hétéroclite de groupes armés, principalement islamistes, dont d'anciens jihadistes étrangers aguerris.
Les islamistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) produisaient leurs propres drones pour leurs opérations contre les forces gouvernementales. Des combattants syriens issus de groupes islamistes avaient également pris part à d'autres conflits à l'étranger, notamment en Libye, au Haut-Karabakh et au Niger.
Selon Damas, cet accord militaire avec Riyad pourrait ouvrir la voie à une adhésion de la Syrie au pacte de défense dit de La Mecque, formé en août par l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie.
Face aux attaques des Houthis, le royaume avait lancé un appel à l'aide aux Etats-Unis, resté infructueux. L'Égypte s'est elle récemment engagée à fournir une aide militaire défensive à Riyad, mais sans en préciser les modalités.
La France a de son côté déployé des effectifs pour protéger le terminal pétrolier saoudien de Yanbu, et Londres a annoncé en octobre le déploiement d'avions de combat pour protéger le territoire saoudien.
La guerre au Yémen a éclaté en 2014 avec la prise de la capitale Sanaa par les Houthis, déclenchant en 2015 une intervention de la coalition militaire dirigée par Riyad. Une trêve avait été conclue en 2022 mais les combats ont repris cet été, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
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