La Havane (AFP) – L'une des figures du journalisme indépendant à Cuba, Yoani Sanchez, et la dissidente Berta Soler, dirigeante du mouvement des Dames en blanc, ont été arrêtées jeudi à La Havane, selon des médias d'opposition et des proches.
Publié le : 05/11/2026 - 22:22Modifié le : 05/11/2026 - 23:19
La journaliste de 51 ans a été "enlevée par la police politique" dans la matinée alors qu'elle sortait de son domicile dans le quartier de Nuevo Vedado pour faire des courses, a indiqué 14ymedio, le journal en ligne que Yoani Sanchez a fondé et dirige depuis 2014.
"Nous sommes toujours sans nouvelles de Yoani Sanchez", a écrit plusieurs heures plus tard sur Facebook son mari, le journaliste Reinaldo Escobar.
La dirigeante du mouvement des Dames en blanc, Berta Soler, 63 ans, a également été arrêtée en compagnie d'une autre membre du collectif, Maria Cristina Labrada, "en pleine rue quand toutes deux sortaient de la maison" qui sert de siège à l'organisation, a indiqué à l'AFP Angel Moya, le mari de la dissidente.
"Nous ne savons pas où elles ont été emmenées", a-t-il ajouté.
"Nous exigeons de savoir immédiatement où se trouvent Soler et Labrada", a dénoncé sur le réseau social X l'Observatoire cubain des droits humains, une ONG cubaine basée en Espagne, qui réclame leur libération.
Le mouvement des Dames en blanc, formé de mères et d'épouses d'opposants arrêtés en 2003 sous Fidel Castro (1959-2006), a été récompensé en 2005 du Prix Sakharov du Parlement européen. Les femmes qui en font partie s'habillent de blanc en signe de protestation pacifique.
Berta Soler fait régulièrement l'objet d'arrestations allant de plusieurs heures à quelques jours. Elle est aussi fréquemment empêchée de sortir de chez elle par les autorités.
Yoani Sanchez a, quant à elle, remporté en 2008 le prix Ortega y Gasset, l'une des plus importantes distinctions pour le journalisme en espagnol. Elle a figuré la même année dans le classement des 100 personnes les plus influentes au monde du magazine américain Time.
Son journal en ligne, critique de la gestion du gouvernement de l'île communiste, dénonce régulièrement la censure et le harcèlement exercés par les autorités contre les opposants.
Les journalistes indépendants cubains subissent régulièrement des pressions de la part des autorités.
Selon une loi sur la communication votée en 2023, les médias d'État, contrôlés par le Parti communiste, sont les seuls médias cubains légaux sur l'île.
Plusieurs médias indépendants en ligne ont toutefois vu le jour ces dernières années et ont jusque-là survécu tant bien que mal dans un vide juridique. Les Cubains ne peuvent y accéder que moyennant un réseau privé virtuel (VPN).
Le journal 14ymedio affirme que plusieurs collaborateurs de médias d'opposition ont été arrêtés dans la rue ces dernières semaines, puis relâchés après avoir écopé d'amendes ou d'avertissements.
© 2026 AFP
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