Après une nouvelle coupure d'électricité massive qui a touché Cuba dans la nuit de mercredi à jeudi, le réseau a été reconnecté, a annoncé le gouvernement cubain. Depuis plusieurs semaines, Cuba subit une intense pression de l'administration Trump, qui cherche à "asphyxier" l'économie de l'île, sous embargo américain depuis 1962.
Publié le : 04/03/2026 - 21:23Modifié le : 05/03/2026 - 14:57
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
Le réseau électrique cubain a été reconnecté jeudi 5 mars à l'aube après une nouvelle panne qui a touché les deux tiers du territoire de l'île, dont La Havane, a annoncé le ministère de l'Énergie et des mines.
Le centre et l'ouest du pays, dont la capitale et ses 1,7 million d'habitants, étaient sans électricité depuis mercredi à la mi-journée après une déconnexion partielle du réseau due à une déconnexion "inattendue" de la centrale électrique Antonio Guiteras, la principale de l'île.
"À 5 h 01 (10 h 01 GMT) ce matin, le système électrique national (SEN) est interconnecté depuis Guantanamo jusqu'à Pinar del Rio", les deux provinces de l'extrême est et ouest de l'île, a fait savoir le ministère sur X.
"L'incorporation d'unités de génération (électrique) se poursuit" pour que le courant continue d'arriver à la population, est-il précisé.
Plusieurs quartiers de La Havane avaient du courant jeudi matin, ont constaté des journalistes de l'AFP.
La capitale cubaine a connu ces derniers jours des délestages de plus de 15 heures, qui peuvent durer plus d'une journée en province.
L'île de 9,6 millions d'habitants est soumise depuis plus de deux ans à des coupures massives récurrentes, dont certaines ont affecté l'ensemble de l'île, parfois pendant plusieurs jours.
Cuba dans l'étau américain
Cette nouvelle panne est toutefois intervenue dans un contexte particulièrement tendu en raison de la crise énergétique aiguë qui touche l'île, mise sous pression par Washington.
Outre les coupures géantes régulières, la population subit de très longs délestages quotidiens, qui se sont aggravés après la capture en janvier du président du Venezuela, Nicolas Maduro, et la fin des envois, sous pression de Washington, de pétrole de ce pays à destination de l'île.
Aucun bateau chargé de pétrole n'est officiellement entré à Cuba depuis le 9 janvier, ce qui a forcé les autorités à prendre des mesures drastiques de rationnement et de réorganisation des activités économiques et sociales.
Le transport public a aussi été fortement réduit, et les prix du transport privé et des aliments ont connu une hausse importante.
À lire aussiCuba : pourquoi des hommes armés ont tenté une incursion en pleine crise
Pour Damian Salvador, 51 ans, père d'un bébé de 6 mois, c'est le "coup de grâce". "Tout ce que tu as au frais (dans le frigo) se gâte : la viande, le lait du bébé, tout", explique cet homme sorti acheter quelques bougies pour la nuit.
"C'est une situation vraiment pénible et compliquée de réussir à conserver la nourriture", renchérit Beatriz Barrios, 47 ans, employée dans le tourisme, un secteur également fortement affecté par les sanctions américaines.
Vols suspendus et centrales en panne
Mercredi, Air France a annoncé qu'elle allait suspendre ses vols vers La Havane, en raison de la pénurie de kérosène sur l'île, à partir de fin mars et au moins jusqu'à la mi-juin. D'autres compagnies internationales avaient déjà annoncé la suspension de leur desserte il y a plusieurs semaines.
Pour justifier cette politique de pression, Washington invoque une "menace exceptionnelle" que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine.
La Havane accuse le président américain, Donald Trump, de vouloir "asphyxier" l'économie de l'île, sous embargo américain depuis 1962 et qui a subi ces dernières années un renforcement des sanctions américaines.
Les huit centrales thermoélectriques du pays, presque toutes inaugurées dans les années 1980 et 1990, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour de longues semaines de maintenance. Le manque de carburant contribue aussi aux fréquentes coupures.
Entre le 1er janvier et le 15 février, la disponibilité d'électricité a baissé de 20 % dans le pays par rapport à 2025, année au cours de laquelle Cuba avait à peine satisfait la moitié de ses besoins, selon des chiffres officiels compilés et analysés par l'Agence France-Presse (AFP).
Dans le contexte de tensions entre Washington et Cuba, l'Équateur, dont le président Daniel Noboa est un proche allié de Donald Trump, a ordonné mercredi l'expulsion de l'ambassadeur de Cuba à Quito, ainsi que de l'ensemble de la mission diplomatique.
Aucune raison n'a été donnée à cette décision. Mardi, Quito avait ordonné la fin des fonctions de son ambassadeur à La Havane.
Le gouvernement communiste a dénoncé un "acte inamical et sans précédent", soulignant les "fortes pressions" exercées par Washington sur des "États tiers pour qu'ils se joignent" à la politique "d'agression des États-Unis contre Cuba".
Avec AFP
Mots-clés associés à l’article
Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.




