Quatre occupants d'un bateau immatriculé en Floride ont été abattus mercredi dans les eaux territoriales de Cuba lors d'un échange de tirs avec des garde-frontières. La Havane dénonce une tentative d'"infiltration" d'un groupe armé à des "fins terroristes". Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a affirmé que Washington était prêt à "réagir en conséquence", et a appelé Cuba à "changer radicalement".

Publié le : 25/02/2026 - 21:27Modifié le : 26/02/2026 - 07:18

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Cuba a dénoncé mercredi 25 février une tentative d'"infiltration" d'un groupe armé à des "fins terroristes" par voie maritime depuis les États-Unis, après des échanges de tirs entre un bateau immatriculé en Floride et les gardes-côtes cubains dans les eaux territoriales de l'île.

"Il a été établi que la vedette rapide neutralisée, immatriculée en Floride sous le numéro FL7726SH, transportait dix personnes armées qui, selon les déclarations préliminaires des détenus, avaient l'intention de procéder à une infiltration à des fins terroristes", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. "Des fusils d'assaut, des armes de poing, des engins explosifs de fabrication artisanale (cocktails Molotov), des gilets pare-balles, des lunettes télescopiques et des uniformes de camouflage ont été saisis", ajoute le communiqué.

Plus tôt dans la journée, le ministère cubain de l'Intérieur avait fait savoir que quatre occupants d'un bateau immatriculé en Floride avaient été abattus et six autres blessés dans les eaux territoriales de Cuba lors d'un échange de tirs avec des garde-frontières.

Des Cubains résidant aux États-Unis

"Tous les participants sont des Cubains résidant aux États-Unis. La plupart d'entre eux ont des antécédents connus d'activité délictueuse et violente", précise le ministère cubain, qui donne les noms des six occupants de la vedette blessés, ainsi que celui d'un tué.

Les autorités cubaines indiquent également qu'un Cubain "envoyé depuis les États-Unis pour assurer la réception du groupe armé infiltré, a été arrêté sur le territoire national" et "a avoué ses actes".

Deux des blessés "figurent sur la liste nationale des personnes et entités qui (...) ont fait l'objet d'enquêtes pénales et sont recherchées par les autorités cubaines, en raison de leur implication dans la promotion, la planification, l'organisation, le financement, le soutien ou la commission d'actions menées sur le territoire national ou dans d'autres pays, à des fins d'actes de terrorisme".

"Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d'informations, nous serons prêts à réagir en conséquence", a réagi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio en marge d'une réunion de la Communauté caribéenne (Caricom) dans l'archipel de Saint-Christophe-et-Niévès.

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Le gouvernement cubain fait régulièrement état d'incursions de vedettes rapides en provenance des États-Unis dans ses eaux territoriales, généralement liées au trafic de migrants cherchant à quitter l'île, ou au trafic de drogues. Ces incidents donnent parfois lieu à des courses-poursuites ou à des échanges de tirs.

Ouverture d'une enquête judiciaire

La provenance exacte du bateau et la raison de sa présence dans les eaux territoriales cubaines sont pour l'heure inconnues. Le procureur général de Floride, James Uthmeier, a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire. "Le gouvernement cubain n'est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes", a-t-il écrit sur X.

Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré pour sa part que les États-Unis "surveillaient" la situation.

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Selon les derniers chiffres rendus publics par les autorités cubaines, entre janvier et juin 2022, année de forte vague migratoire depuis l'île, les garde-côtes avaient intercepté 13 vedettes rapides provenant des États-Unis en lien avec des "opérations de traite de personnes de Cuba vers ce pays". Cette année-là, une vedette rapide en provenance des États-Unis avait ouvert le feu au moment de son interception par les garde-frontières dans l'ouest de l'île. Un occupant de la vedette, "grièvement blessé" par les tirs de riposte des garde-côtes cubains, avait succombé à ses blessures.

Cuba doit "changer radicalement", affirme Marco Rubio

Les relations entre Cuba et les États-Unis connaissent un regain de tension depuis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines début janvier et l'arrêt par Caracas, sous pression de Washington, des livraisons de pétrole à Cuba.

Les États-Unis, qui ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l'île de 9,6 millions d'habitants, appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine ce pays situé à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride.

Mercredi, Washington a toutefois confirmé avoir infléchi à des fins humanitaires les restrictions à l'exportation de pétrole à Cuba, en manque drastique de carburant, en permettant que du pétrole d'origine vénézuélienne puisse être revendu au secteur privé cubain, à condition que les transactions ne profitent pas au pouvoir mais "au peuple" de l'île.

Marco Rubio a averti que des restrictions sur ces importations par Cuba seraient de nouveau mises en place si La Havane violait "l'esprit" de cet assouplissement. Il a aussi appelé Cuba à "changer radicalement car c'est sa seule chance d'améliorer la qualité de vie de sa population". "S'ils veulent mener [des] réformes radicales qui ouvrent la voie à la liberté économique et, à terme, politique pour le peuple cubain, il est évident que les États-Unis seraient ravis de voir cela", a-t-il déclaré.

Le Canada a annoncé mercredi débloquer 5,8 millions de dollars d'aide humanitaire pour l'île.

Avec AFP

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