Genève (Suisse) (AFP) – Le déploiement à l'échelle mondiale de six mesures visant à limiter les effets du changement climatique sur la santé pourrait permettre d'éviter 1,56 million de décès annuels, tout en générant de substantielles retombées économiques, indique une étude de l'OMS publiée mercredi.

Publié le : 04/11/2026 - 10:07

L'étude, publiée quelques jours avant la COP31, vante même un "triple dividende" découlant de ces actions : une population en meilleure santé, une réduction des émissions et des économies plus solides.

Parmi ces mesures figurent la mise en place de systèmes d'alerte sanitaire liés à la chaleur, de systèmes d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement résilients face au climat, l'amélioration de l'hygiène des mains, le recours à des sources d'énergie domestique plus propres et une tarification efficace des combustibles fossiles.

Combinés, ces dispositifs pourraient, outre les vies sauvées, éviter chaque année 16,67 milliards de tonnes d'émissions en équivalent CO2.

Elles engendreraient aussi potentiellement un bénéfice de près de 4.000 milliards de dollars annuels en termes de bien-être économique (impact financier des vies sauvées, des catastrophes évitées, des économies de soins...) et jusqu'à quelque 5.440 milliards de dollars de retombées budgétaires.

Selon ces projections calculées dans 187 pays sur la période 2024-2075, le dispositif concernant les systèmes d'alerte sanitaire liés à la chaleur présente le meilleur rapport coût/bénéfice avec 836 dollars récoltés pour chaque dollar investi, selon les estimations de l'organisation.

Mais ce sont les politiques de tarification des combustibles fossiles qui concentreraient les retombées les plus importantes. Elles représenteraient à elles seules 1,2 million des décès et 98% des émissions d'équivalent CO2 évités chaque année, parallèlement à de forts bénéfices budgétaires pour les Etats.

- COP31 et santé -

"Le monde doit identifier, prioriser et mettre en œuvre des solutions permettant de prévenir les pertes en vies humaines et de protéger les communautés contre les préjudices liés au climat", a exhorté le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le rapport.

"Des solutions existent (...) et sont prêtes à être déployées à l’échelle mondiale", a-t-il ajouté, évoquant une "opportunité exceptionnelle".

L'organisation souligne que les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient tirer des bénéfices proportionnellement plus importants de ces mesures que les pays riches, tant en matière de santé que de bien-être économique.

Tout en admettant de potentielles limites de cette étude liées aux scénarios ambitieux, au manque de certaines données et aux incertitudes de telles projections, l'OMS affirme que ces évaluations "montrent que les investissements dans des mesures éprouvées en matière de climat et de santé" peuvent rapporter de précieux bénéfices.

L'organisation appelle ainsi les gouvernements à investir dans des mesures conciliant climat et santé, en intégrant les enjeux sanitaires dans leurs politiques climatiques et en accélérant leur mise en œuvre.

Dans cette optique, M. Tedros assistera la semaine prochaine à la COP31 d'Antalya (Turquie) pour "encourager les pays à inclure la santé dans les négociations", a indiqué devant la presse à Genève Diarmid Campbell-Lendrum, responsable des questions liées au changement climatique à l'OMS.

© 2026 AFP

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