La rentrée des vacances de la Toussaint s'ouvre lundi sous le signe de la reprise de la mobilisation. Les organisations étudiantes et lycéennes entendent poursuivre le mouvement engagé depuis six semaines, insatisfaites des concessions annoncées par le gouvernement. De son côté, l'exécutif estime que "le temps d'un retour en classe est venu".

Publié le : 02/11/2026 - 02:21Modifié le : 02/11/2026 - 09:19

À peine les vacances de la Toussaint achevées que le mouvement de contestation des lycéens et étudiants veut reprendre de plus belle dès lundi 2 novembre. "Bien sûr qu'on appelle au blocus" et "les lycées seront bloqués dès lundi", a assuré, dimanche, Pierre Sourzat, président de l'organisation Les Lycéens !, tandis que l'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante ont appelé à de nouveaux blocages mardi et jeudi.

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L'Unef a de son côté appelé samedi "à s'organiser dans toutes les universités ce lundi 2 novembre", estimant que "le mardi 3 novembre devra être une journée noire sur les universités", avec des blocages de facultés et de lycées à travers le pays.

Lundi dernier, les ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur ont pourtant annoncé une série de mesures pour tenter de mettre fin au mouvement, né à la mi-septembre.

Ils ont notamment promis le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028, l'annulation des suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.

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Selon Matignon, le Premier ministre a également demandé au ministre de l'Éducation nationale, dans le prolongement de la réunion interministérielle organisée jeudi dernier avec les régions et les lycéens, de veiller à ce qu'une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté recensés sur la plateforme de concertation.

Un "premier pas" pour les organisations de jeunesse, mais largement insuffisant à leurs yeux.

"La colère continue"

Ces annonces ont même convaincu certains de poursuivre leur engagement, explique à l'AFP Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'USL.

"Même si ce n'est pas satisfaisant, c'est quand même des vraies choses, ce sont des premières réussites, ça montre que la mobilisation fonctionne", assure le responsable lycéen, qui s'attend à "beaucoup de blocus".

"La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement", renchérit Coppélia Moreau, membre d'Interfac Île-de-France, qui regroupe des étudiants d'assemblées générales d'universités.

Le collectif a prévu une nouvelle manifestation parisienne mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef.

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Sur le terrain, certains élèves reconnaissent pourtant que les semaines de blocage commencent à peser. "Il y en a pas mal qui s'essoufflent en ce moment parce qu'on a très peu de réponses et le bac à la fin de l'année", admet Mélia, élève de première au lycée Rostand de Dreux, qui estime avoir déjà manqué 26 heures de cours.

"Mais on va se remotiver", assure-t-elle, bien décidée à retourner manifester.

"Tant que le gouvernement ne met rien en place, on n'en aura jamais marre", martèle Maxime [prénom modifié], élève de terminale dans l'Essonne. "Même si mon lycée n'est pas le plus à plaindre, je ne veux pas lâcher pour les autres."

Pour l'exécutif, "le temps d'un retour en classe est venu"

Les chefs d'établissement appréhendent eux aussi la reprise : "Personne ne sait à quoi s'attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive", confie à l'AFP Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d'établissement ID-FO.

"On est inquiets. La profession a terminé sur les rotules juste avant les vacances", a déclaré vendredi sur RMC Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin à Paris et membre de l'exécutif du SNPDEN-Unsa.

La responsable craint des heurts entre élèves devant les établissements, "entre ceux qui souhaitent bloquer et ceux qui souhaitent entrer."

Dès lundi, la police va renforcer ses effectifs pour sécuriser les établissements scolaires et l'accompagnement de la communauté éducative après les violences observées lors des précédentes mobilisations, selon un message de la Direction nationale de la sécurité publique consulté par l'AFP.

"Le temps d'un retour en classe est venu", a estimé auprès de la presse dimanche l'entourage d'Emmanuel Macron, tout en reconnaissant que "ce genre de mouvement ne se termine jamais de manière absolument nette".

"C'est très simple", si le gouvernement annonce que "nos revendications seront écoutées, on retourne en cours", assure Marius Mesnil.

L'intersyndicale regroupant l'USL, l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame notamment un investissement de dix milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur ainsi que l'abrogation de Parcoursup.

Des blocages "résiduels", selon Édouard Geffray

Les blocus de lycées sont "a priori résiduels", "de l'ordre de quelques unités" lundi matin, a estimé le ministre de l'Éducation Édouard Geffray sur France Inter, appelant à laisser travailler les lycéens qui le souhaitent.

"À ce stade et avec beaucoup de prudence, on était ce matin sur quelques lycées perturbés", a déclaré le ministre, qui évoque "quelques-uns en Île-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse."

"J'ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l'année, qui pour plusieurs centaines de milliers d'entre eux n'ont pas eu cours depuis quatre ou cinq semaines (…) , et pour lesquels, par conséquent, l'année scolaire est maintenant en risque", a par ailleurs indiqué Édouard Geffray.

"On ne peut pas empêcher ses camarades d'aller en cours, a fortiori quand soi-même on a déjà passé le bac et qu'on n'est plus concerné par le sujet", a-t-il déclaré.

Avec AFP

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