Dacca (AFP) – Le salaire minimum des ouvriers de l'industrie textile du Bangladesh sera augmenté à partir de janvier, a annoncé mercredi le comité ad hoc mis en place par le gouvernement, au cinquième jour du mouvement de protestation qui agite le secteur.

Publié le : 04/11/2026 - 17:23

Pour la cinquième journée consécutive, des dizaines de milliers d'ouvriers sont descendus dans les rues mercredi matin pour réclamer des hausses de salaire.

Des incidents ont à nouveau opposé mercredi grévistes et forces de l'ordre dans les rues de plusieurs districts de la capitale Dacca, sièges des plus grandes usines du secteur.

A Savar, des ouvriers en colère ont incendié des véhicules de police et blessé un policier avant l'annonce de l'accord, a déclaré Shamima Parvin, responsable de la police du district de Dacca.

La situation s'est apaisée dans l'après-midi après l'annonce d'un accord, même si peu de détails ont filtré sur son contenu et rien n'indiquait dans l'immédiat que les ouvriers reprendraient le travail.

À l'issue d'une réunion mercredi, le comité composé de représentants des salariés et de l'industrie a annoncé s'être mis d'accord sur le principe d'une hausse du salaire minimum, dont le montant sera fixé en décembre et qui entrera en vigueur dès le mois suivant.

"Nous complèterons notre travail en décembre de façon à ce que les ouvriers puissent recevoir leur salaire révisé en janvier", a déclaré devant la presse ABM Shamsuddin, de l'Association des producteurs et exportateurs de textile du Bangladesh (BGMEA).

"Nous sommes d'accord sur ce point", a confirmé dans la foulée un représentant des salariés, Babul Akter.

Les salariés exigent une augmentation de 140 % de leur salaire minimum mensuel, de 12.500 takas en moyenne aujourd'hui (90 euros) à 33.000 takas (220 euros) pour compenser la hausse du coût de la vie.

"Pas le choix"

"Je n'ai pas d'argent de côté (...) je n'ai donc pas les moyens de me payer du poisson ou de la viande régulièrement", déplorait mardi auprès de l'AFP une ouvrière du district de Gazipur, Amena.

"Ce n'est plus possible de vivre comme ça, mais je n'ai pas le choix", avait-elle ajouté, "les usines textiles sont notre seule solution à disposition".

Kamrul Hasan, de la Fédération syndicale du secteur textile, a affirmé que beaucoup de travailleurs se sont tournés vers les réseaux sociaux dans l'espoir de connaître le montant de la revalorisation salariale.

Mahmudul Hasan, président de l'Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), a exhorté les ouvriers à reprendre le travail.

"Les tensions devraient retomber, car des avancées concrètes ont été obtenues", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Nous ne souhaitons pas maintenir nos usines fermées, mais les troubles ne nous ont laissé aucune autre option".

Deuxième exportateur mondial de vêtements, le Bangladesh emploie 4 millions d'ouvriers dans quelque 4.000 usines et en tire plus de 80 % de ses revenus en devises étrangères.

Ses ateliers produisent des vêtements, notamment des T-shirts, des jeans et des pulls, pour les grandes enseignes de distribution en Europe et aux États-Unis.

Le textile a joué un rôle prépondérant dans le bond en avant économique accompli par le pays à forte majorité musulmane de 178 millions d'habitants depuis son indépendance en 1971.

Les conditions de travail de ses ouvriers se sont améliorées après l'effondrement de l'immeuble-atelier du Rana Plaza - plus de 1.100 morts à Dacca en 2013, mais leurs salaires n'ont pas suivi.

Syed Sultan Uddin Ahmed, directeur exécutif de l'Institut bangladais d'études sur le travail, a estimé que le gouvernement devait prendre des mesures immédiates pour informer les travailleurs des derniers développements.

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