Devant environ 20 000 sympathisants réunis au Bourget samedi, le quadruple candidat à l'élection présidentielle de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a présenté son programme et affiché son optimisme quant à l'issue du scrutin en 2027. Pour ses soutiens et en dépit de ses handicaps, la victoire du leader insoumis ne fait aucun doute. "On va gagner !", ont-ils scandé à plusieurs reprises.
Publié le : 07/11/2026 - 19:19
"Ici est la force", a encore martelé Jean-Luc Mélenchon au sujet de son mouvement. Avec environ 20 000 personnes, selon les organisateurs, venues assister au meeting du leader de La France insoumise au Bourget, samedi 7 novembre, le parti de gauche radicale a une nouvelle fois fait étalage de sa puissance militante, affichant une détermination et une certitude d'être présent le 2 mai prochain au second tour de l'élection présidentielle de 2027.
Citant les défaites de Viktor Orban en Hongrie, d'Aleksandar Vucic en Serbie, de Flavio Bolsonaro au Brésil et de Donald Trump aux États-Unis, Jean-Luc Mélenchon a lancé à la foule : "À notre tour de changer l'histoire. À bas la résignation des battus d'avance !"
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D'habitude si prompts à balayer d'un revers de la main les sondages, les insoumis se sentent pousser des ailes en cet automne marqué par le mouvement lycéen et les crises sociales, et sont aujourd'hui plus que jamais convaincus que la quatrième candidature de Jean-Luc Mélenchon sera la bonne.
Depuis quelques semaines, les sondages le placent ainsi systématiquement en position d'être qualifié pour le second tour face à Marine Le Pen (Rassemblement national), avec un écart qui se creuse sur ses poursuivants comme Raphaël Glucksmann (Place publique-Parti socialiste), Édouard Philippe (Horizons) ou Gabriel Attal (Renaissance). Que ce soit en 2012, 2017 ou 2022, jamais le candidat insoumis n'avait été donné aussi haut dans les intentions de vote mesurées à un peu moins de six mois d'un scrutin présidentiel.
"Voir ces sondages, ça donne beaucoup d'espoir pour la suite. Déjà il y avait quand même eu une petite victoire du Nouveau Front populaire aux législatives mais ça n'avait pas été suivi d'effet. Donc c'est très important de rester mobilisé pour se qualifier et ensuite pour convaincre au second tour", affirme Mélanie, 26 ans, venue assister au meeting entre amies.
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"J'y crois parce qu'en plus Jean-Luc Mélenchon est toujours sous-coté. La dernière fois en 2022, il y avait 10 points d'écart entre ce que disaient les sondages et le résultat final le jour de l'élection", se rappelle Islam, 23 ans, au moment de faire la queue pour entrer dans le parc des expositions du Bourget.
"Le seul qui répond aux attentes des lycéens"
Le contexte social joue clairement en faveur du candidat insoumis. Le mouvement lycéen et les différentes colères qui se sont agrégées depuis la fin de l'été trouvent un débouché politique dans les discours et le programme de La France insoumise (LFI), qui propose de nombreuses mesures sociales, notamment à destination de la jeunesse.
"Quand on regarde ce que disent les autres candidats, c'est facile de choisir Mélenchon car c'est le seul qui répond aux attentes des lycéens", affirme Arthur, tout juste 18 ans, qui a participé au blocage de son lycée en Seine-Saint-Denis et est venu au meeting avec le livre-programme de son candidat sous le bras. "Je ne l'ai pas encore terminé, mais c'est très intéressant. L'investissement dans le social, dans la santé, c'est fabuleux", lance-t-il avec un grand sourire.
Car au-delà du contexte favorable et même au-delà des qualités de tribun de Jean-Luc Mélenchon, c'est aussi, voire surtout, le programme de "L'Avenir en commun" qui attire vers LFI de nombreux électeurs. Publié la veille et vendu 4,90 euros en librairie, il est le fruit d'un travail mené depuis plus de dix ans par les insoumis et régulièrement mis à jour. Il y avait 694 mesures proposées en 2022. Cette dernière édition en comporte 1 069.
Jean-Luc Mélenchon est pour le moment l'unique candidat à l'élection présidentielle de 2027 ayant publié l'intégralité de son programme. Interrogés dans la semaine par France 24 via leur entourage pour savoir quand ils en feraient autant, aucun des autres postulants à l'Élysée n'était en mesure de répondre. "Ici c'est carré", a redit samedi après-midi le leader des insoumis.
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Le discours du candidat de 75 ans a été précédé d'un film présentant les principales thématiques du programme, entrecoupé de séquences où les principales figures de La France insoumise mettaient en avant leurs solutions en matière d'écologie, d'agriculture, d'économie, d'éducation, de logement ou de vieillissement. Des mises en scène qui ont notamment donné lieu à des acclamations du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et de l'eurodéputée Rima Hassan.
"Jean-Luc Mélenchon a le mérite d'annoncer très clairement ce qu'il souhaite faire s'il est élu. Ce programme, c'est un élément qui permet de débattre de ce qu'est un véritable programme de rupture. On ne veut plus de ce monde et de ce système qui donne plus d'argent à la guerre et qui prend tout le monde à la gorge, des plus jeunes aux moins jeunes comme moi", témoigne Jocelyne, 71 ans.
"C'est ce qu'on avait dit à Lula aussi"
Sûrs de l'issue du scrutin, les militants et sympathisants venus au Bourget ont scandé à plusieurs reprises "On va gagner ! On va gagner ! On va gagner !".
Pour autant, peuvent-ils ignorer l'effet repoussoir que suscite aussi leur candidat ? Une bonne partie de l'électorat considère certaines de ses sorties, telle "la police tue", comme des outrances et refuse de voter pour un candidat jugé trop clivant. Jean-Luc Mélenchon et le mouvement insoumis dans son ensemble ont également été accusés ces dernières années de jouer avec les codes de l'antisémitisme.
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Résultat : 71 % des Français affirment le rejeter, selon une étude publiée dans Le Figaro en mars 2026, tandis que tous les sondages concernant le second tour de la présidentielle le donnent largement battu par Marine Le Pen.
Même s'il a affirmé qu'il ne mettrait "pas d'eau dans son vin" durant les prochains mois, son affiche de campagne semble toutefois supposer le contraire. On y voit Jean-Luc Mélenchon poser façon François Mitterrand et "la force tranquille" en 1981, devant un paysage rural, le site de Gergovie en Auvergne, qu'il affectionne particulièrement. L'affiche est recouverte d'un slogan rappelant la devise nationale, mais dont le dernier mot a été remplacé par un autre : "Liberté, égalité, solidarité".
Quant aux sondages le donnant perdant, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas y croire. Il reste persuadé qu'il pourra inverser la tendance. "C'est ce qu'on avait dit à Lula aussi", a-t-il rappelé, avant de lancer à son public conquis : "Nous allons nous battre jusqu'à la dernière seconde et à la fin, nous allons gagner !"
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