Paris (France) (AFP) – Isolé pendant un mois dans une cabane en forêt bâtie de ses mains, Vianney en ressort avec un cinquième album artisanal, "Les Évadés", symbole de sa propre reconstruction et clé des champs face aux "turpitudes intérieures".

Publié le : 04/11/2026 - 09:17

Des murs en bois, 16 m2, des vivres et la solitude : après un retrait médiatique, l'interprète de "Je m'en vais" et "Beau-papa" a voulu mettre du sens dans le nouvel opus disponible vendredi, dont il a déjà dévoilé un titre, "D'or et d'étain".

"Ça m'a aidé à ça, la forêt, à l'humilité", confie l'artiste de 35 ans, qui a fait de sa bicoque un studio autant qu'une promesse de "transmission", lui qui vient d'être père pour la deuxième fois.

Avec sa famille comme boussole, le parrain de la Star Academy détaille également à l'AFP comment il envisage sa prochaine tournée, pour ne pas "exploser en vol".

REPONSE : "C'était extraordinaire pour ma reconstruction. Oui, il y a eu un moment où l'équilibre intérieur n'était plus bon. Je ne savais pas pourquoi, mais je voyais bien qu'il fallait que j'agisse d'une manière ou d'une autre, mais radicale. Le changement allait passer par une période de solitude, d'effort et de nature."

R : "Ce que j'ai adoré, c'est que petit à petit, je redéveloppais un sens de la gratitude. J'étais vraiment tributaire de la météo, de la pluie surtout. Il y a à la fois cette invincibilité ressentie et la pleine conscience de n'être qu'un être humain parmi des milliards. La forêt m'a aidé à renouer avec cette humilité qu'il faut entretenir. C'est facile pour personne."

R : "Je pense que oui, la notoriété, la réussite, l'argent sont des poisons. Il faut savoir gérer la dose, sinon on s'empoisonne la vie, on se trahit. C'est une discipline. Il faut avoir une hygiène mentale et cette hygiène, c'est les proches. Tu peux te remettre d'un disque qui marche pas, mais va encaisser un cancer de ta maman. Il y a quand même une échelle de valeurs et de priorités."

R : "Quand je faisais la cabane, pour me changer les idées, je jouais de la gratte, de la batterie ou du piano quand je rentrais à la maison. Par contre, je n'étais pas du tout dans une logique de rendu, une première depuis 10 ans pour moi. A partir du moment où j'ai eu fini (la construction), c'est fou comme c'était très évident. Je me suis enfermé là, c'était magique. Je n'avais que ça à faire d'écrire, de composer, me nourrir, me laver par intermittence."

R : "J'enregistrais dans la cabane, après j'ai pris une semaine avec des musiciens pour réenregistrer, toujours sur bande, car c'était quand même le +trip+ (expérience, en français). Ensuite on s'est mis une semaine dans un studio et on a refait les chansons. Finalement, j'ai gardé des versions cabane et des versions studio."

R : "Sans l'évasion, tu ne tiens pas dans cette société-là. Pour certains, c'est la peinture, d'autres, la balade en forêt le dimanche, le sport. Au-delà de l'évasion quotidienne, c'est une évasion par rapport aux valises qu'on a portées à l'enfance et par rapport à nos turpitudes intérieures."

R : "Je ne veux pas exploser en vol, donc j'ai pris des dispositions très différentes sur cette tournée. Je vais être avec l'équipe, mais sur un temps plus serré, pas du lever ou coucher. Quand je ne suis pas sur scène, je suis sollicité tout le temps. Là, je me ménage des moments de repos. C'est la grosse nouveauté. Et aussi, je ne fais qu'une ville par semaine (souvent avec plusieurs dates, NDLR). Je bouge moins et la famille peut s'installer en ville avec moi."

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