En Colombie-Britannique, une personne a ouvert le feu mardi dans un lycée et une résidence d'une petite ville isolée, faisant huit morts et une trentaine de blessés avant de se donner la mort, selon la police locale. Il s'agit de l'une des tueries de masse les plus meurtrières survenues au Canada ces dernières années.

Publié le : 11/02/2026 - 04:27Modifié le : 11/02/2026 - 21:38

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"L'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada. Le pays est "en deuil", a déclaré, mercredi 11 février, le Premier ministre, Mark Carney, au lendemain d'une tuerie qui a fait huit morts et une trentaine de blessés dans une petite ville isolée de l'ouest du pays, où une personne a ouvert le feu dans un collège-lycée.

"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a également promis le Premier ministre, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain. Les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne pendant une semaine.

L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2 300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain. D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé.

Le suspect, dont le genre fait l'objet de spéculations, serait mort après "une blessure qu'il se serait infligée", selon la police. Ken Floyd, un responsable de la police canadienne, est resté prudent mais a indiqué que le tireur était bien la personne mentionnée dans l'alerte.

La police canadienne a affirmé mercredi après-midi que la tuerie avait fait huit victimes, au lieu de neuf comme les autorités l'avaient indiqué jusque-là. "Initialement, on a pensé que l'une des victimes, une femme qui souffrait de blessures graves et qui avait été transportée de la scène (de crime) par nos membres (des forces de l'ordre vers l'hôpital, ndlr) avait succombé à ses blessures. La police a depuis confirmé que cela n'était pas le cas. Elle est vivante", a-t-il affirmé.

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Une "grande tragédie"

Un total de 27 personnes ont été blessées, dont deux grièvement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué.

Nina Krieger, ministre de la Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada. "Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC.

Mark Carney n'a pas prévu d'aller sur place mais le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et le Premier ministre de la province, David Eby, étaient attendus mercredi.

La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'État du Canada.

"L'horreur a frappé (...). Pensées aux familles des victimes, aux blessés et à toute la communauté éducative. La France se tient aux côtés des Canadiens", a déclaré Emmanuel Macron sur X.

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L'école confinée

C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver en fonçant avec son camion sur une foule qui célébrait un festival culturel philippin. Mais contrairement à ce qui se passe au sud de la frontière, aux États-Unis, ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes.

La ville de Tumbler Ridge est connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.

"Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge. "Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté.

Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à la chaîne publique CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé que l'école était en confinement. Sans savoir au départ si c'était sérieux, il a commencé à recevoir des photos "terribles" montrant le carnage à l'école.

"Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures", a-t-il raconté, jusqu'à ce que la police arrive pour les escorter hors de l'établissement.

"On pense que ce genre de choses n'arrivent jamais", a raconté très émue sa mère, Shelley Quist. "Je ne vais pas le quitter des yeux pendant un moment maintenant", a-t-elle ajouté à propos de son fils, qui est sain et sauf.

"Scène épouvantable"

La première alerte reçue en début d'après-midi concernait un tireur actif à l'école Tumbler Ridge. Arrivées sur les lieux, les forces de l'ordre ont d'abord découvert six corps, sans compter le suspect.

Une septième personne blessée par balle à l'école est morte durant son transport à l'hôpital.

Par la suite, la police "a identifié un second lieu (...) lié à l'assaut, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence", selon un communiqué. Ken Floyd a décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre.

Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.

En 2020, le Canada avait interdit 1 500 modèles d'armes d'assaut en réaction à la tuerie la plus meurtrière de son histoire, qui avait fait 22 morts dans la province de Nouvelle-Écosse (est).

Avec AFP

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