Deux personnes ont été blessées, mercredi, lors d'une attaque au couteau dans le quartier londonien de Golders Green, où vit une importante population juive. Le suspect, un homme de 45 ans, a été arrêté pour tentative de meurtre, a annoncé la police, en ajoutant que l'état des deux victimes est "stable". Celle-ci a aussi qualifié l'agression "d'acte terroriste".

Publié le : 29/04/2026 - 13:37Modifié le : 29/04/2026 - 21:43

Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Deux hommes juifs ont été blessés et un suspect arrêté, mercredi 29 avril, après une attaque au couteau dans le nord de Londres, où une série d'incendies et tentatives d'incendies criminels à caractère antisémite ont eu lieu ces dernières semaines. L'attaque a été qualifiée "d'acte terroriste" par la police de Londres.

À lire aussi"Nous devons nous réveiller" : une nouvelle attaque antisémite à Londres

"Il y a eu une attaque au couteau aujourd'hui à Golders Green. Le suspect a été arrêté", a affirmé l'organisation juive Community Security Trust (CST) sur X.

Un suspect, un homme de 45 ans, a été arrêté peu après l'attaque pour tentative de meurtre et placé en garde à vue.

Il a "des antécédents de violence grave et des problèmes psychologiques", a déclaré le chef de la police de Londres, Mark Rowley.

Les deux blessés, âgés de 76 et 34 ans, ont été poignardés à Golders Green, quartier où vit une importante communauté juive. Ils ont reçu des soins sur place avant d'être transportés à l'hôpital, où ils sont dans un "état stable", a indiqué la police.

"Cet évènement a été formellement déclaré comme un acte terroriste", a indiqué Laurence Taylor, chef de l'unité antiterroriste au sein de la police londonienne, lors d'une brève allocution à la presse.

Le groupe "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya" (Hayi), qui a revendiqué plusieurs incendies et tentatives d'incendies à caractère antisémite dans le nord de Londres ces dernières semaines, a salué l'attaque et l'a attribuée à ses "loups solitaires".

La revendication de ce groupe, qui serait pro-Iran et était peu connu il y a encore quelques semaines, a été accueillie avec un certain scepticisme, notamment en raison de la nature différente de l'attaque de mercredi.

La "colère" de la communauté juive

"Les mots de condamnation ne suffisent plus", a réagi le grand rabbin Ephraim Mirvis, appelant "chaque institution, communauté, dirigeant et personne de ce pays à prendre des mesures concrètes".

Le chef de la police Mark Rowley a été chahuté mercredi lors de son point de presse : "Démission", "Honte sur vous", ont crié quelques personnes. Il a dit comprendre "la colère" de la communauté juive.

Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Des images de vidéosurveillance partagées sur les réseaux sociaux montrent un homme se jeter sur un habitant attendant à un arrêt de bus, et s'en prendre violemment à lui quelques instants après que celui-ci a mis une kippa sur sa tête.

Le suspect a tenté de poignarder des policiers, qui n'ont pas été blessés, et a été neutralisé avec un taser, a indiqué la police.

Le roi Charles III, en visite d'État aux États-Unis, est "profondément préoccupé, en particulier en ce qui concerne l'impact sur la communauté juive", a déclaré le palais de Buckingham.

"L'attaque antisémite à Golders Green est absolument révoltante. S'en prendre à notre communauté juive, c'est s'en prendre au Royaume-Uni", avait déclaré plus tôt le Premier ministre Keir Starmer sur X.

Le dirigeant travailliste a remercié le groupe juif de surveillance du voisinage Shomrim North West London, dont les membres ont maîtrisé le suspect avant l'intervention de la police, et le service d'urgence bénévole à Golders Green, Hatzola, qui s'est occupé des blessés.

Une réunion de crise a eu lieu à Downing Street.

Une trentaine de personnes arrêtées

Plusieurs incendies et tentatives d'incendies criminels ont visé ces dernières semaines des lieux liés à la communauté juive dans le nord-ouest de la capitale britannique, sans faire de blessés.

La première de ces attaques à caractère antisémite a eu lieu fin mars contre des ambulances de Hatzola, suivie d'autres visant une synagogue dans le quartier de Harrow, ou encore le local d'une organisation caritative juive.

"Le gouvernement britannique ne peut plus prétendre que la situation est sous contrôle", a accusé mercredi le ministère israélien des Affaires étrangères sur X.

Ces événements ont accru l'inquiétude de la communauté juive au Royaume-Uni, déjà traumatisée par l'attaque contre une synagogue de Manchester le 2 octobre 2025. Deux fidèles avaient alors été tués et trois autres grièvement blessés.

À lire aussiKeir Starmer se dit "choqué" par une série d'incendies criminels antisémites survenus à Londres

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a condamné une "attaque épouvantable contre deux juifs londoniens". "La communauté juive de Londres est la cible d'une série d'attaques antisémites choquantes. L'antisémitisme n'a absolument pas sa place dans la société", a-t-il écrit sur X.

La police de Londres a renforcé ses patrouilles dans le quartier, où la présence policière était déjà accrue ces dernières semaines, a-t-il ajouté.

La police a arrêté une trentaine de personnes en lien avec les incendies et tentatives d'incendie survenus à Londres après le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février. Ces actes n'ont pas été déclarés "terroristes" même si les enquêtes ont été confiées à l'unité antiterroriste de la police.

Un mur recouvert de portraits de manifestants tués dans la répression par les autorités en Iran a été la cible lundi d'un incendie, qui n'a pas fait de dégâts.

AFP et Reuters

Mots-clés associés à l’article

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.