Alors que Jack Lang a fait lundi matin ses adieux à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, des perquisitions s'y sont déroulées, ainsi qu'à son domicile, sur fond de liens financiers présumés de l'ex-figure de la gauche française avec le criminel sexuel américain. "Je me réjouis parce que je n'ai rien à cacher", a réagi l'ancien ministre de la Culture.

Publié le : 16/02/2026 - 12:05Modifié le : 16/02/2026 - 19:03

Des perquisitions ont été lancées, lundi 16 février, dans divers lieux, notamment l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, dans le cadre de l'enquête visant Jack Lang pour ses liens financiers présumés avec Jeffrey Epstein, a indiqué Pascal Prache, patron du Parquet national financier (PNF), dans un communiqué.

Le PNF avait ouvert le 6 février une enquête pour soupçons de "blanchiment de fraude fiscale aggravée" visant l'ancien ministre et sa fille, Caroline Lang.

Si aucune charge ne pèse à ce stade contre Jack Lang, qui a quitté la tête de l'IMA récemment sous la pression, les documents rendus publics par la justice américaine mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein, et révèlent des liens d'intérêt avec le criminel sexuel et financier américain.

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"Rien à cacher"

Ces perquisitions se sont déroulées alors que Jack Lang était en train de faire ses adieux au personnel de l'IMA lors d'une petite cérémonie.

"Ensemble, nous avons accompli de belles choses", a-t-il dit devant une centaine de salariés et de proches. "Sans vous (...), l'IMA n'aurait pas retrouvé son éclat", lance-t-il également devant l'assistance, qui compte notamment l'écrivain Erik Orsenna et l'historien Benjamin Stora.

Interrogé par l'AFP, il a salué les perquisitions menées dans le cadre d'investigations confiées à l'Office national antifraude (Onaf). "Je me réjouis parce que je n'ai rien à cacher", a assuré le président démissionnaire de l'IMA, qui a fait ses adieux lundi à cette institution qu'il a dirigée pendant 13 ans.

Selon une enquête publiée le 2 février par Mediapart, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore domiciliée aux îles Vierges américaines. À la suite de ces révélations, elle a démissionné dans la foulée de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI).

Caroline Lang a qualifié Jeffrey Epstein de "connaissance" et de "mécène généreux", dont "l'idée de constituer un fonds, parfaitement légal, destiné à favoriser l'acquisition d'œuvres" lui avait semblé "pertinente". Elle a également assuré n'avoir perçu "aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds".

Les services d'Emmanuel Macron avaient demandé à l'ex-ministre socialiste de 86 ans de "penser à l'institution" qu'il dirigeait, après les révélations des dossiers publiés aux États-Unis le 30 janvier sur l'affaire Epstein. Et le gouvernement français avait salué la démission de Jack Lang de la présidence de l'IMA après l'ouverture de l'enquête du PNF.

Un diplomate, un chef d'orchestre et un agent de mannequins

Ex-figure du Parti socialiste français, l'ancien ministre de la Culture, célèbre notamment pour avoir lancé dans les années 1980 le concept de la Fête de la musique repris par plusieurs pays, avait assuré que les accusations portées à son encontre étaient "infondées", dans un communiqué transmis à l'AFP.

Les ramifications de l'affaire Epstein en France continuent de faire bouger les lignes de la justice dans l'Hexagone.

Le parquet de Paris a ainsi annoncé ce week-end avoir désigné des magistrats référents pour examiner d'éventuelles infractions impliquant des Français et réanalyser "intégralement" le dossier d'instruction de l'ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel, clos par un non-lieu après sa mort en détention en 2022.

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Le parquet a souligné que les faits potentiels peuvent être "de diverses natures, notamment à caractère sexuel ou à caractère financier", et a assuré travailler "en coordination avec le PNF et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire".

Trois nouvelles affaires citées dans la presse ont été confiées au parquet : elles visent un diplomate, Fabrice Aidan, un recruteur de mannequins, Daniel Siad, et le chef d'orchestre Frédéric Chaslin.

Concernant Fabrice Aidan, une enquête cherche à éventuellement "étayer" un signalement adressé par le ministère des Affaires étrangères, après des révélations de Mediapart et Radio France selon lesquelles ce diplomate avait fait bénéficier Jeffrey Epstein "d'informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l'international".

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Le parquet analyse également la plainte d'une Suédoise contre Daniel Siad, recruteur de mannequins aux liens étroits avec Jeffrey Epstein, qu'elle accuse de viol en France dans les années 1990. Sur les réseaux sociaux, l'homme assure ne rien avoir à se "reprocher".

Le parquet de Paris examine une autre plainte déposée à l'encontre du chef d'orchestre Frédéric Chaslin pour "des faits de harcèlement sexuel qui auraient été commis en 2016". Lui dénonce des "insinuations".

Avec AFP

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