L'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, "propose" samedi sa démission de l'Institut du monde arabe (IMA), a affirmé l'AFP après avoir consulté une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères. La veille, une enquête a été ouverte par le Parquet national financier pour ses liens supposés avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Publié le : 07/02/2026 - 18:22Modifié le : 08/02/2026 - 10:22

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Fin d'une semaine de tensions. Le président de l'Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang, a proposé, samedi 7 février, sa démission. Dans une lettre au ministre des Affaires étrangères, que l'AFP a pu consulter, il précise qu'elle pourrait se faire "lors d'un prochain conseil d'administration extraordinaire". Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et l'Élysée annoncent prendre "acte" de cette offre alors que Jack Lang est éclaboussé dans l'affaire Epstein.

"Je propose de remettre ma démission lors d'un prochain conseil d'administration extraordinaire", a écrit l'ancien ministre de la Culture, alors qu'il était convoqué dimanche au Quai d'Orsay. Vendredi, le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" concernant Jack Lang et sa fille Caroline.

"J'en prends acte", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, dont le ministère a la tutelle sur l'IMA.

"Je lance la procédure pour désigner son ou sa successeur à la tête de l'IMA et je convoque un conseil d'administration sous 7 jours qui désignera un ou une président(e) par intérim", a-t-il ajouté, de retour à Paris après une tournée internationale.

Des éléments "inédits et d'une extrême gravité"

À 86 ans, le président de ce prestigieux institut culturel français passera donc la main avant la fin de son quatrième mandat, en raison de ses liens récemment révélés par la publication fin janvier de millions de documents, nouveau volet des "Epstein files".

Accusé d'avoir entretenu des liens proches avec un homme déjà condamné pour sollicitation de prostituée mineure, l'ancien ministre de la Culture emblématique de François Mitterrand a d'abord résisté aux demandes de démission.

Mercredi, il avait rejeté toute hypothèse d'un départ de l'IMA.

Mais les pressions se sont accélérées, d'abord au sein de la classe politique puis jusqu'au sommet de l'État, quand l'Élysée et Matignon avaient exigé sa convocation auprès du ministère des Affaires étrangères.

Jean-Noël Barrot avait déclaré se réserver "toutes les options" quant au mandat de Jack Lang, qualifiant les premiers éléments de l'affaire d'"inédits et d'une extrême gravité".

Initialement convoqué par le Quai d'Orsay dimanche, Jack Lang ne s'y rendra pas, mais a avancé son retour à Paris depuis l'étranger à samedi soir, a précisé à l'APF son entourage.

Des accusations "infondées"

La défense de l'ancien ministre n'a quant à elle pas beaucoup évolué. Après avoir assumé ses liens avec Jeffrey Epstein, puis plaidé la naïveté, il a réaffirmé son innocence samedi.

"Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai", a-t-il assuré dans le courrier au ministre des Affaires étrangères.

"Je me réjouis que la justice se saisisse de ce dossier", a-t-il aussi affirmé, évoquant l'enquête préliminaire ouverte vendredi par le parquet national financier (PNF) contre lui et sa fille Caroline Lang pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée", après des "faits révélés par Mediapart".

Sur la base des nouveaux éléments publiés par l'administration américaine, le média a fait état de liens financiers et d'intérêts économiques communs entre la famille Lang et le financier. D'après les messages exhumés, le nom de l'ancien ministre ressort 673 fois de la correspondance de l'ancien homme d'affaires américain décédé en prison en 2019.

Les deux hommes ont notamment négocié en 2015 la vente entre eux d'un riad à Marrakech, et les messages ont continué les années suivantes. "Cher Jeffrey, (...) votre générosité est infinie", aurait écrit Jack Lang en 2017. "Puis-je encore abuser ?", avait-il aussi demandé, avant de solliciter le milliardaire pour qu'il le transporte en voiture à une fête organisée hors de Paris.

La fille de l'ancien ministre, Caroline Lang, a quant à elle, démissionné lundi de la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma après les révélations sur une société "offshore" qu'elle a fondée en 2016 avec l'homme d'affaires américain.

Au micro de BFM TV samedi, avant la démission du président de l'IMA, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé "la complaisance du système politique et du système médiatique à l'égard de Jack Lang".

En 1977, Jack Lang avait fait partie des signataires d'une pétition défendant les relations sexuelles entre adultes et enfants, publiée dans Le Monde mais aussi dans Libération. Avoir signé cette pétition "était une connerie", avait-il regretté en 2021.

Avec AFP

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