Alors que le nom d'Audrey Azoulay circule pour remplacer Jack Lang à l'Institut du Monde arabe, démissionnaire après les révélations liées à l'affaire Epstein, une certaine confusion a entouré l'ancienne directrice de l'Unesco : accusée à tort d'être elle aussi compromise dans ce dossier, son nom ne ressort en réalité qu'à une reprise dans un article sur elle.
Publié le : 13/02/2026 - 12:42
Après la démission de Jack Lang de l’Institut du Monde arabe (IMA), liée aux révélations sur ses relations avec Jeffrey Epstein, l’ancienne directrice de l’Unesco pressentie pour lui succéder est à son tour accusée à tort d’être dans "les documents Epstein". Ces prétendues accusations surviennent dix jours après la publication par le département de la justice américain de trois millions de nouveaux documents.
Sur le réseau social X le 8 février, certains comptes ont affirmé qu’Audrey Azoulay était "elle-même citée" dans les "Epstein files", sans toutefois plus de précision.
Un seul mail
Mais ces insinuations sont trompeuses : comme a pu le vérifier la rédaction de fact-checking de 20 Minutes le 9 février, un seul document mentionne directement le nom d'Audrey Azoulay dans les trois millions de fichiers publiés par l'administration américaine.
Ce seul document, qu'il est possible d'aller consulter sur le site du département de la justice américaine (ici), est en réalité une revue de presse du Jewish News Syndicate, agence de presse qui traite de l’actualité liée au judaïsme dans le monde.
Datée d'octobre 2017, ce mail ne fait que mentionner la nomination d'Audrey Azoulay au poste de directrice générale de l'Unesco, mettant en avant "l'élection du premier directeur général juif" à l'Unesco.
Des visuels trompeurs
Rien qui n’indique donc une relation entre Audrey Azoulay et Jeffrey Epstein. Mais l'intox ne s'arrête pas là, la faute à des publications trompeuses en ligne : sur Facebook, plusieurs pages, dont celle aux près de trois millions d'abonnés Pure TV, relaient un visuel (voir photo de Une) qui laisse à penser qu'elle serait elle aussi compromise. "Flash info : [...] favorite pour remplacer Jack Lang à l'Institut du Monde Arabe, Audrey Azoulay est aussi citée des (sic) les documents Epstein", peut-on lire.
Le texte de la publication de Pure TV qui accompagne le visuel précise tout de même, mais seulement au bout de quatre paragraphes, qu'il ne s'agit que d'un seul mail, et mentionne même 20 Minutes comme source.
Malgré ces précisions, beaucoup d'internautes semblent avoir été trompés. "Ça serait plus simple de dire qui n'a pas trempé" dans les fichiers Epstein déclare par exemple un commentaire aimé plusieurs dizaines de fois dans la publication de Pure TV.
Il semble également que le média 20 Minutes lui-même ait indirectement participé à prolonger la confusion, en diffusant également un visuel sur X dont la formulation laisse penser qu'Audrey Azoulay pourrait elle aussi être compromise par des documents l'incriminant directement. "La potentielle successeure de Jack Lang déjà au cœur de la polémique ?", interroge ainsi le média dans sa publication, en partageant un visuel titrant : "Affaire Epstein - [...] Audrey Azoulay apparaît-elle dans les dossiers ?".
Sur X ou Facebook, plusieurs comptes citent ou reprennent ainsi le visuel de 20 Minutes, pour faire croire à la présence réelle de dossiers compromettant directement Audrey Azoulay dans les Epstein Files. C'est par exemple le cas du compte qui se présente comme un compte d'actualités Les Spectateurs, sans toutefois rediriger vers l'article en question. Une lecture de l'article aurait toutefois permis de comprendre que rien n’indique qu'Audrey Azoulay ait été en contact avec Jeffrey Epstein.
Plusieurs successeurs potentiels à Jacques Lang
Quant à l'élection pour la présidence de l'IMA, le conseil d'administration de l'Institut a indiqué à l'AFP qu'il se réunira mardi prochain pour le remplacement de Jack Lang.
À lire aussiLe conseil d'administration de l'IMA se réunira mardi prochain pour remplacer Jack Lang
Outre Audrey Azoulay, les noms de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ainsi que d'une autre ex-ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, circulent comme potentiels successeurs.
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