Alors que Bill Clinton apparaît à de nombreuses reprises dans le dossier Epstein, l'ex-président démocrate des États-Unis a assuré vendredi n'avoir eu "aucune idée des crimes" du financier, devant une commission d'enquête parlementaire. Entendue la veille, Hillary Clinton, son épouse, avait tenu la même ligne de défense.
Publié le : 27/02/2026 - 05:25Modifié le : 27/02/2026 - 22:29
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L'ex-président américain Bill Clinton a assuré, vendredi 27 février, n'avoir "eu aucune idée des crimes que commettait Epstein", devant une commission parlementaire qui attend des explications de sa part sur ses liens passés avec le criminel sexuel.
"Je n'ai rien vu et je n'ai rien fait de mal", a affirmé Bill Clinton dans sa déclaration liminaire devant cette commission dominée par les républicains, publiée sur X. "Même avec le recul je n'ai rien vu qui m'ait alerté", a insisté l'ex-président, réaffirmant avoir pris ses distances avec Jeffrey Epstein plus d'une décennie avant sa mort en prison en 2019.
James Comer, président de la commission à majorité républicaine qui interroge Bill Clinton, a déclaré avant l'audition avoir "de nombreuses questions" à poser à l'ancien président, qui a voyagé "au moins 27 fois" à bord du jet privé d'Epstein, lequel s'est rendu "17 fois" à la Maison Blanche sous son mandat (1993-2001).
Les élus démocrates de la commission ont répété pour leur part qu'ils souhaitaient entendre Donald Trump.
"Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd'hui au mauvais président", a déclaré Suhas Subramanyam, autre membre de la commission. "C'est le président Trump qui bloque notre enquête. C'est le président Trump qui veut étouffer cette affaire".
Comme pour l'actuel président républicain, lui aussi âgé de 79 ans, le nom du démocrate, qui a occupé la fonction entre 1993 et 2001, apparaît à de multiples reprises dans le dossier, bien qu'aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.
Car, tout comme Donald Trump, Bill Clinton a été proche du financier new-yorkais, voyageant à plusieurs reprises à bord de son jet privé et ayant été photographié de nombreuses fois en sa compagnie.
Dans des images récemment rendues publiques par la justice, on le voit avec lui à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué avant publication. Sur une photo, il est dans un bain à remous.
Appels à entendre Donald Trump
À plusieurs reprises, Bill Clinton a assuré qu'il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison.
Une ligne de défense rappelée jeudi par son épouse, Hillary Clinton, devant la même commission. Comme elle, l'ex-chef de l'État est entendu dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.
"Nous posons les questions difficiles à l'ancien président. À son crédit, il a répondu à chacune d'entre elles", a témoigné lors d'une pause Suhas Subramanyam, qui l'a trouvé "plutôt à l'aise" et donnant "des réponses très longues et réfléchies".
La veille, Hillary Clinton avait répété qu'elle n'avait pour sa part jamais rencontré Jeffrey Epstein, se montrant combative.
À voir aussiBill Clinton apparaît plus de 2000 fois dans les dossiers sur Epstein
"Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d'exploitation sexuelle d'Epstein, (...) elle demanderait directement à notre président actuel de s'expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier", avait-elle lancé.
"L'Amérique a été bâtie sur l'idée que personne n'est au-dessus de la loi, même les présidents, surtout les présidents", a pour sa part affirmé Bill Clinton dans sa déclaration liminaire.
Les démocrates réclament d'entendre Donald Trump notamment sur la base de nouvelles révélations de la presse.
Des mois de bataille
Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d'une femme affirmant avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.
"Ce sont des documents qui accusent le président des États-Unis de faits très graves de violence sexuelle", a insisté Robert Garcia, élu de Californie .
Vendredi, républicains et démocrates ont fait étalage de leurs désaccords y compris sur le contenu de ce qu'avait dit Bill Clinton à ce stade. James Comer a assuré que l'ancien président avait exonéré l'actuel locataire de la Maison Blanche, quand les démocrates ont estimé qu'il avait au contraire donné des "informations supplémentaires" sur ce dernier.
Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de la commission d'enquête, James Comer.
Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter. Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé, fin janvier, accepter d'être entendu.
Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains. Mais si l'audition n'est pas publique, son enregistrement devrait toutefois être dévoilé à son issue.
Depuis la publication le 30 janvier d'une nouvelle salve de documents, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.
Questionné avant un déplacement au Texas, Donald Trump a déclaré qu'il appréciait Bill Clinton et "n'aimait pas le voir interrogé sous serment".
Avec AFP
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