Le cyclone Gezani a frappé de plein fouet la Grande Île, faisant au moins 31 morts, selon un nouveau bilan des autorités locales communiqué mercredi. La dépression s'est nettement affaiblie en touchant terre mais continue de traverser Madagascar d'est en ouest. Même rétrogradée au stade de tempête tropicale, elle engendre des risques d'inondations.

Publié le : 11/02/2026 - 12:19Modifié le : 11/02/2026 - 18:04

Le "chaos total". Au moins 31 personnes sont mortes à Madagascar après le passage du cyclone Gezani, ayant frappé de plein fouet mardi soir la deuxième ville du pays, Toamasina, ont annoncé, mercredi 11 février, les autorités malgaches dans un nouveau bilan à la hausse.

"Ce qui s'est passé est une catastrophe : près de 75 % de la ville de Toamasina a été détruite", a affirmé devant les caméras l'homme fort de l'île de l'océan Indien, le colonel Michaël Randrianirina.

Des rafales de 250 km/h ont ravagé ce port de près de 400 000 habitants, où 4 personnes sont aussi portées disparues et 36 blessées gravement, selon le bilan provisoire du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC).

Des vidéos partagées par la présidence montrent le colonel Michaël Randrianirina pataugeant dans les rues inondées de la cité portuaire. Il s'était rendu préventivement à Toamasina, également appelée Tamatave – son ancien nom sous la colonisation française – pour témoigner son soutien à la population, quatre mois après la prise de pouvoir des militaires.

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"90 % des toits des maisons envolés"

Sur les images, cette ville verdoyante apparaît défigurée, ses rues jonchées de centaines d'arbres arrachés par les vents les plus violents du cyclone, dont l'œil a directement touché la ville.

Une vidéo aérienne partagée par le BNGRC montre des toits de tôle éventrés à perte de vue et les palmiers de l'avenue de l'Indépendance renversés comme de simples allumettes.

"C'est le chaos total, 90 % des toits des maisons se sont envolés, tout ou en partie", décrit à l'AFP un responsable régional de l'ONG Action contre la Faim, Rija Randrianarisoa. "Les routes sont totalement inaccessibles, du fait des arbres au sol, des tôles. Les voitures ne peuvent pas circuler."

Le Centre météorologique régional spécialisé cyclones (CMRS) de l'île française de La Réunion a évoqué dans son bulletin "l'un des impacts directs les plus intenses de l'ère satellitaire sur le secteur de Tamatave, rivalisant probablement avec Geralda". En février 1994, ce cyclone avait fait au moins 200 morts et 500 000 sinistrés.

Si les liaisons commerciales avec l'aéroport de Toamasina sont suspendues, sa direction a indiqué à l'AFP que les vols humanitaires et militaires étaient autorisés. Quinze membres de la protection civile des armées ont été dépêchés pour aider aux opérations de sauvetage, ont annoncé les autorités.

Désigné président de la Refondation du pays après la chute de l'ex-président Andry Rajoelina en octobre, Michaël Randrianiria a dit mercredi "lancer un appel à l'aide auprès de nos partenaires et bailleurs de fonds internationaux" : "La situation actuelle dépasse les capacités de Madagascar à elle seule."

La dépression s'est nettement affaiblie en touchant terre mais continue de traverser l'île d'est en ouest. Même rétrogradée au stade de tempête tropicale, elle engendre des risques d'inondations.

Gezani devrait regagner en intensité en rejoignant le canal du Mozambique et retrouver alors le stade de cyclone, d'après les prévisions du CMRS. Il pourrait frapper à partir de vendredi soir le sud de ce pays d'Afrique australe déjà sinistré par d'impressionnantes inondations depuis le début de l'année.

Avec AFP

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